À la recherche du temps de travail

DÉCRYPTAGE
À la recherche du temps de travail sur Qu'est-ce qu'on fait
La question du temps de travail est au cœur de bien des débats. Il faudrait être prêt à accepter tout et son contraire en matière d’horaires, au nom de la lutte contre le chômage. Travailler plus ou travailler moins pour le bonheur de tous ? Et le nôtre dans tout ça ?

Pourquoi ?

Que l’on augmente ou que l’on baisse la durée légale du travail, les objectifs sont les mêmes : lutter contre le chômage, favoriser la création d’emploi, rendre la France plus compétitive. Seuls les moyens divergent :

  • Baisser la durée légale du temps de travail pour mieux le partager.
  • Augmenter la durée légale du temps 
de travail pour accroître la compétitivité.

Quelle répartition du temps ?

32H 48H

Côté vie privée, en travaillant 32 heures par semaine, on ne gagne pas 3 heures mais une journée de temps libre. Comment ? En concentrant toutes les heures travaillées sur 4 jours.

Côté professionnel, si la diminution des heures passées au bureau n’est pas compensée par l’embauche de nouveaux collègues, il faudra donc faire plus, mais en moins de temps. Pas génial en matière de stress !

Côté vie privée, avec le nombre maximum autorisé d’heures travaillées en Union européenne, on diminuera notre temps libre de 13 heures.

Côté professionnel, on passera près de 30 % de notre semaine au bureau. Il vaut donc mieux entretenir de bonnes relations avec nos collègues.

 

Quel impact sur  le revenu ?

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À production égale, difficile pour une entreprise d’augmenter le budget alloué aux salaires. Moins d’heures de travail, c’est donc accepter d’être moins payé.

"Travailler plus pour gagner plus". Si l’augmentation du temps de travail ne s’accompagne pas d’un gel des compensations salariales, l’adage se vérifie et forcément, le revenu horaire augmente.

 

Déjà expérimenté, quelles observations ?

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Dès 1989, la ville de Kiruna en Suède teste la semaine de 30 heures auprès d’aides-soignantes. Globalement, les salariés se déclarent satisfaits du temps libre gagné et les entreprises enregistrent moins d’arrêts maladie. Tout le monde est gagnant. Seul hic : les salariés voient leur revenu diminuer pour permettre d’embaucher plus de personnel. Au Royaume-Uni, on peut travailler jusqu’à 48 heures par semaine, parfois même au-delà si salarié et entreprise sont d’accord. Notons paradoxalement que le Royaume-Uni est un des pays de l’OCDE où la productivité horaire du travail est la plus faible.

 

Qui y est  favorable ?

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Dans les études d’opinion, les salariés aux revenus les plus élevés sont les plus favorables à une baisse du temps de travail. Statistiquement, les salariés avec la plus faible rémunération choisissent toujours de travailler plus si cela leur permet d’améliorer leurs revenus.

 

Alors, qui remporte la victoire ? Pour Amandine Brun-Schammé, économiste, auteur d’un rapport sur la question pour France Stratégie, c'est plus compliqué que cela : " Le débat sur le temps de travail doit dépasser celui de la seule durée légale. Une réflexion plus large sur les aménagements du temps de travail visant à améliorer la qualité de l’emploi pourrait être menée de façon à assurer à la fois pour les salariés un meilleur équilibre entre vie privée et professionnelle et pour les employeurs, une meilleure adéquation à la conjoncture économique ". Et si au fond, le secret c’était ça ? Permettre à chacun de faire varier son temps de travail en fonction de ses besoins, et ce, tout au long de sa vie. Bien sûr, il faudrait que cela soit décidé d’un commun accord avec l’entreprise, mais avoir le choix, est-ce que ça ne serait pas ça le bonheur ?

Mathilde Frézouls
Illustrations : Jacques Floret
Tags : #travail

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