Des marches citoyennes contre la violence et les petits pas.

LUNDI L’UN FAIT #5
Des marches citoyennes contre la violence et les petits pas. sur Qu'est-ce qu'on fait
Réchauffement climatique, violences policières ou xénophobie : des questions au coeur de notre citoyenneté. Et quand nous la sentons menacée, il est de bon ton de descendre élever la voix et battre le pavé. Retour sur 4 marches importantes qui ont eu lieu ce weekend en France, Allemagne et au Brésil.

Où : Partout en France.
Un slogan : "Plus chauds que le climat"
Un hashtag : #IlestEncoreTemps
Combien : 120 000 personnes dans toutes la France selon les organisateurs, 14 500 à Paris, 10 000 à Lyon. 
Organisateurs : Citoyens, ONGs, youtubeurs.

Cette deuxième marche pour le climat organisée dans plusieurs villes de France a rassemblé presque autant de monde que lors de sa première édition samedi 8 septembre, au lendemain de l’annonce de Nicolas Hulot de quitter le gouvernement. Entre les deux marches, un évènement a fait mouche : la sortie du rapport 1,5°c du GIEC. Sous un soleil estival en plein mois d’octobre, les Français ont défilé pour appeler leur gouvernement à prendre des mesures à la hauteur de la gravité de la situation actuelle. Cette manifestation sera reconduite mensuellement.

Mais pas question de s’arrêter à des marches ! À Paris par exemple, les panneaux publicitaires qui se trouvaient sur le chemin du cortège ont été dépouillés de leurs publicités, remplacées alors par des tutoriels de déboulonnage. Arrivée place de la République, place à un village des alternatives avec de nombreuses ONGs, interventions de scientifiques (Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe I du GIEC, Jean Jouzel, climatologue prox Nobel de la Paix en 2007...) et animations citoyennes. L’idée : réaffirmer la responsabilité citoyenne, et donner des clés pour agir  pour le climat chaque jour : dans ce que nous consommons, comment nous nous déplaçons, la banque où nous plaçons notre argent, ce que nous acceptons ou non de voir dans l'espace public... Jusqu'à des actions de désobéissance civile. 

Place de la République, se donnait aussi rendez-vous une autre manifestation...

Où : Paris.
Un slogan : "Justice pour Adama"
Un hashtag : #JusticePourAdama
Combien : Plus de 1 000 personnes.
Organisateurs : Le comité Adama et Assa Traoré, soeur d'Adama Traoré.

19 juillet 2016 : Adama Traoré trouvait la mort à la gendarmerie de Persan (Val d'Oise) à la suite de son interpellation. Après deux longues années d'enquêtes et de procès, une expertise a conclu à une mort due à une maladie qu'avait Adama et déclenchée par l'effort de sa course poursuite avec les gendarmes, dédouanant ainsi ces derniers. Une telle conclusion n'est pas jugée recevable par le comité, et par la soeur d'Adama qui dénonce "un mensonge d'Etat" à cause des différentes anomalies de l'affaire - notamment les 2 heures qui se sont écoulées entre la mort du jeune homme et l'appel des pompiers par les gendarmes. Bagui Traoré, frère d’Adama et témoin principal de son agression est en prison depuis novembre 2016 pour cause d'outrage et rebellion. 8 jours avant cette manifestation, le rappeur parisien MHD diffusait la vidéo d’une agression policières de son grand frère dans les rues de Paris, mettant de nouveau une "bavure policière" sous les projecteur. Le collectif Obervatoire des violences policières rencense des témoignages pour lever le voile sur ces dérives autoritaires.

Où : Berlin.
Un slogan : "Nous sommes tous indivisibles !"
Un hashtag : #Unteilbar
Combien : 240 000 personnes
Organisateurs : Citoyens, le collectif Unteilbar et des associations.

Les semaines passées, plusieurs villes d'ex-Allemagne de l'Est ont été le théâtre de manifestations anti-migrants, d'extrême droite et néo-nazi. Vague d'effroi dans le pays, qui n'a pas attendu pour organiser une manifestation contre la xénophobie, impulsée par un collectif d'associations "Unteilbar", qui signifie "Indivisibles". 240 000 personnes ont ainsi défilé dans la capitale allemande, d'Alexanderplatz aux portes de Brandebourg, au rythme de slogans pacifistes scandés et... de beaucoup de techno. 

Où : Rio de Janeiro.
Un slogan : "Mille plaques pour Marielle"
Un hashtag : #EleNaoEleNunca#MariellePresente
Combien : "Plusieurs miliers" (peu de précisions).
Organisateurs : Citoyens.

Dimanche, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre-ville de Rio de Janeiro pour rendre hommage Marielle Franco (conseillère municipale noire, féministe et socialiste) assassinée sept mois auparavant jour pour jour. Des élus d'extrême droite avaient publié avec fierté une photographie s'eux en train de brandir la plaque brisée "Rua Marielle Franco" que des habitants avaient collé à un mur pour renommer une rue de Rio de Janeiro en hommage à Marielle. Quelques jours plus tard, la soeur de Marielle Franco publiait sur Facebook le témoignage de son agression par des partisans du candidat d'extrème droite Jair Bolsonaro. Ces actes s'ancrent dans une vague de grave violence à laquelle fait face le Brésil, en vue des élections qui opposent Fernando Haddad (parti des travailleurs, successeur de l'ancien président Lulla) et Jair Bolsonaro, candidat du parti social-libéral, ouvertement xénophobe, misogyne, homophobe, et pour la sortie des accords de Paris. 

Mathilde R

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