Sous le goudron la vigne

CONSEIL
Sous le goudron la vigne sur Qu'est-ce qu'on fait
Faire du vin en ville ? Les « wineries » urbaines qui éclosent dans les agglomérations proposent des récoltes hors
 les murs et une vinification dans les municipalités.

Emprunté à nos voisins outre-Atlantique, le concept de cave viticole urbaine fait son chemin en France depuis plusieurs années, même s'il reste pour l'instant cantonné aux abords des villes plutôt qu'à une pratique du do it yourself sur son balcon ou dans son jardin. À Marseille, avec le chai Microcosmos, comme à Paris, des passionnés se sont récemment lancés dans l’aventure. C’est le défi relevé par Julien Bengué, Adrien Pelissé et Julien Brustis qui se sont connus à l'université où ils avaient monté un club de dégustation. Leur Winerie Parisienne a installé depuis 2015 son chai en Ile-de-France, d'abord dans le 11e arrondissement de la capitale, puis dans une cave agrandie à Montreuil : tout y est, pressoir, cuve et barriques.

Tout y est, pressoir, cuve et barriques.

Les vignes, elles, ne se trouvent pas intra-muros, les quelques parcelles parisiennes connues de tous étant en effet réservées aux touristes curieux, de passage à Montmartre. Les associés ont posé leurs vignes près de Davron, dans les Yvelines. Ils y ont récemment planté trois hectares de chardonnay, chenin, pinot noir et merlot et font du négoce en attendant de récolter le fruit de leur labeur, dans trois millésimes. Un renouveau historique pour la région puisqu'il s'agit des premières vignes nouvelles plantées en Ile-de-France depuis 200 ans, lorsque l'épidémie mortelle propagée par le puceron phylloxera dévasta les récoltes.

 

La promesse de bons nectars mais pas seulement. Les fondateurs, qui se financent par crowdfunding – financement participatif – et levée de fond voient grand et imaginent déjà d’installer une winery pour accueillir du public. « Ce sera un endroit pédagogique, où des visites et des dégustations seront proposées », explique Julien Brustis. À l’image de celles qui font déjà la gloire de la Napa Valley, fief californien du vin.

Alexandre Cremona, expert en viniculture, propose une formation de 3 ans pour tous ceux qui veulent apprendre à faire leur vin eux-même. Trois ans, parce que c’est le temps qu’il faut entre la plantation des vignes et la fin du processus de vinification. La formation nécessite deux choses : un terrain de 100 à 200 mètres carré pour planter une cinquantaine de plants et de la passion ! Le maître propose un kit pour entretenir le cépage et accompagner la vinification. Et pas de panique, il est présent le premier jour des vendanges, car c’est une étape assez technique ! On peut bien-sûr être formé à plusieurs : 50 cépages, ça représente environ 60 bouteilles de vin à déguster !

A Marseille, un jeune couple s’est lancé dans la production d’une micro-cuvée de 5000 litres de vin, qui a la particularité d’être orange. « ambré » plus justement, grâce à des raisins blancs méditerranéens, qui massèrent sans trop que l’Homme n'intervienne dans le processus. Biologique, ce vin est servi sur les plus belles tables de Marseille. Il est également commercialisé depuis le chai au 42, rue de L’Évêché, Marseille.

En face du Musée du Louvre, au 52 rue de l’arbre sec dans le 1er arrondissement de Paris, reposent 15 cépages différents dans les caves d’une architecture du 17è siècle. Ici, comme au musée, on s’initie à l’oenologie via des ateliers de découverte et de dégustation. Pour 75€ par personne, les caves du Louvre proposent de créer un vin personnalisé, de sa composition en passant par la mise en bouteille jusqu’au design de l’étiquette. 

Marie-Charlotte Antonini
Illustrations : Stéphane Trapier

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