Your browser does not support SVG. front1 UN RECYCLAGE ENCORE DIFFICILE On pourrait croire que parce que c’est la fabrication de nos smartphones qui pose problème, nous ne pouvons rien faire ! Heureusement, il n’en est rien. Nous pouvons même faire beaucoup, et ce à toutes les étapes de la vie de notre smartphone ! Les minerais ne sont pas intégrés bruts dans nos smartphones. Présents en très petite quantité, ils sont souvent assemblés sous la forme d’alliages complexes qui rendent leur recyclage délicat, car les matériaux sont alors indifférentiables. Seule une vingtaine de matériaux est aujourd’hui recyclable parmi tous ceux présents dans nos smartphones.Et en raison de l’évolution rapide des modèles, les données disponibles sur les composants à l’intérieur des smartphones sont uniquement celles fournies par les fabricants. Par exemple, Apple a communiqué en 2016 sur la disparition de 6 substances de ses smartphones dont les phtalates et l’arsenic, alors qu’on ne savait même pas qu’il y en avait à l’origine ! DES USAGES À RAISONNER Ecrans abîmés, batteries fatiguées,... nos smartphones vieillissent vite. Seulement, les cures de jouvance sont rendues difficiles sur des modèles qui ne sont, au final, pas conçus pour durer (batterie collée ou soudée, téléphone non démontable, connectiques différents entre les modèles d’une même gamme,...). Aux effets du temps s’ajoutent les effets de mode avec l’enchaînement de sorties de nouveaux modèles. Résultat ? Nous changeons en moyenne de modèle tous les 2 ans. Séduits par les promotions de nos opérateurs ou les publicités vantant les nouveaux modèles qui se bousculent au portillon, 88% d’entre nous en changeons alors que l’ancien fonctionne encore. Accros à nos smartphones, nous n’en sommes donc pas moins versatiles. Sauf qu’il faut au moins 5 ans d’utilisation pour que l’impact environnemental de l’usage du smartphone soit équivalent à celui de sa fabrication. 1997-1998 1999-2000 2000-2002 2003-2004 2005-2006 2007-2008 2009-2010 2010-2012 2013-2014 2015-2018 ? 2015-2020 SOCIÉTÉ Ces minerais posent aussi des problèmes sociaux et éthiques et sont responsables d’instabilités dans les zones où ils sont extraits. En République Démocratique du Congo : + de 40 000 enfants travailleraient dans les mines de cobalt et de coltan (pour faire des batteries et des condensateurs). Fragilisée par des conflits armés au début des années 2000, la région du Kivu reste instable et le trafic de coltan y est encoretrès présent, car très lucratif pour les groupes armés. Bien que certains fabricants (notamment américains depuisla loi Dodd-Franck de 2014) se soient engagés à ne pas s’approvisionner auprès de mines participant au financement de groupes armés, les conditions d’approvisionnement sont encore opaques. Cela pourrait s’arrêter là, mais ces minerais ne sont pas intégrés brut dans nos smartphones ; ils sont transformés. 180 étapes sont nécessairesà la production de ces composants électroniques.Ce qui entraine des taux élevés de pollution aux phtalates, solvants chlorés et métaux lourds dans les eaux de rejet. TONNE 1 de néodyme (utilisé dans nos smartphones pour les aimants) TONNE 1 de déchets qui peuvent être chargés en radioactivité et en métaux lourds. EN PLUS,L’extraction minière est responsable de la destruction d’écosystèmes et provoque de multiples pollutions, de l’eau, de l’air, des sols, en raison des procédés chimiques utilisés. TRÈS BIEN... MAIS ALORS, OÙ EST LE PROBLÈME ? UNE FABRICATION QUI PÈSE LOURD Scanner rapide des composants d’un téléphone de taille moyenne Notre smartphone est riche ! Très riche ! Surtout en métaux. Parmi tous ces composants, c’est aux métaux que l’on doit la mauvaise réputation de nos smartphones. Pour comprendre le problème, il faut remonter la chaîne de fabrication de nos smartphones de l’extraction minière à l’assemblage des composants. de l’impact environnemental du smartphone est dû à sa fabrication. Parmi les étapes pointées du doigt, l’extraction des minerais présents dans les smartphones sous la forme de métaux. Jusqu’à 70 matériaux et 50 métaux différents sont présents dans un smartphone dont des métaux précieux comme l’or et l’argent et des métaux rares et spéciaux comme le tantale. trioxyde d’antimoine, bisphénol A, retardateurs de flamme bromés 40% plastiques et matières synthétiques 10% verre et céramique 50% métaux ¾ < Les mines d’extraction sont dans un nombre très limité de pays lointains pour nous dont La République Démocratique du Congo qui détient entre 60% et 80% des réserves en coltan la Chine qui détientla majorité voire la totalité de la production d’antimoine, gallium, indium et terres rares avec plus de 90% de la production de praséodyme et néodyme. L’Australie Région des Grands Lacs en Afrique Amérique du Sud 75 000 litres de rejets d’eau acide 1 2 3 4 Distribution Assemblage Fabrication des principaux composants Extraction et transformation des matières premières Conception 2 3 1 4 2 2 2 3 3 « MINERAIS DE SANG ». On parle de Au Chili, en Argentine, en Bolivie : la production du lithium (dans les batteries) nécessite beaucoup d’eau et provoque des conflits d’usages graves avec les populations locales. L’étain, le tantale, le tungstère et l’or, appelés les 3TG alimentent l’instabilité dans les zones où ils sont exploités : République Démocratique du Congo, région des Grands Lacs Africains, Amérique Centrale, Birmanie. de smartphones se sont vendus dans le monde depuis 2007, année où la machine s’est emballée avec le premier iPhone. 7 C’est parce que cet objet, qui tient dans une poche, contient un concentré de fonctionnalités plus ou moins farfelues - de 200g +1 infinité de fonctionnalités Disque dur L’intégrale de la Pléiade Enregistreurde sons en tout genre Conversation écrite avec des personnes à travers le monde Album photos de famille Appareil photohaute définition Recherche de la couleur du cheval blanc d’Henri IV Lampe torche quand on est dans le noir Relais WIFI quand on en n’a pas Miroir d’appoint Accès à toutes les infos du monde 1 smartphone = AUJOURD’HUI, TOUS NOMOPHOBES ? LE SMARTPHONE, Une relation compliquée ? Avec lui, on prend la pause tout sourire et on ne voit plus le temps passer. Pour rien au monde on ne voudrait en être séparé tant, sans lui, on se sent nu. « Lui », ce n’est pas notre moitié, mais bien notre smartphone adoré sans qui notre quotidien n’aurait plus la même saveur. On le bichonne, pourtant, à la moindre nouveauté, on le délaisse, lui préférant un modèle plus grand ou plus connecté. Avant de le ranger dans un tiroir, si on prenait le temps de réévaluer son impact sur l’environnement ? Car il n’a l’air de rien, mais il a de l’or dans la carte mère et du cobalt dans la batterie. Allez, on ravive la flamme ! Pourtant, avec Est-ce qu’il n’y aurait pas comme un problème ?Si ! Mais pourquoi en sommes-nous tous raide dingues ? « Nomo-quoi ? » N-O-M-O-P-H-O-B-I-E, soit le fait que nous ayons peur d’être séparés de notre smartphone. Parce que pour dialoguer, écouter de la musique, aller sur le net, prendre des photos, partager des infos, s’orienter, s’amuser, … le smartphone est devenu un objet incontournable. Ce qui en fait le 1er équipement numérique des Français. Avoir un smartphone serait donc tout ce qu’il y a de plus normal. /10 Français entre 18 et 75 ans déclarent posséder un smartphone 1 ER 41% des Français qui affirment le consulter au milieu de la nuit 85% qui s’en servent en présenced’un proche 40% des 18-25 ans qui le consultent dans les 5 minutes suivant leur réveil 8 m i l l i a r d s E t c e s t a i n s i q u e
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Batterie collées ou soudées, indisponibilitédes pièces pour les réparations, utilisation de connectiques exclusives, … les raisons de l’obsolescence programmée sont nombreuses. proposent un système de notation des smartphones en fonction de leur réparabilité. On y découvre (sans surprise) que pour les fabricants, créer des appareils réparables est loin d’être une priorité. Une fois que nous sommes l’heureux propriétaire d’un nouveau jouet tout neuf, l’idée est donc de le faire durer le plus longtemps possible ! 40% des pannes peuvent être évitées si on prend soin de son téléphone. Il n’est pas nécessaire d’attendre les consignes de sécurité dans l’avion pour les vacances pour passer son smartphone en mode « avion ». En zone où le réseau est faible, notre téléphone redouble d’effort pour tenter de capter le signal et nous informer de la super promo sur les makis du resto en bas de chez nous, ce qui use son processeur. Seulement, si on est au bout du monde avec peu de réseau, c’est peut-être pas mal d’en profiter vraiment, non ? On déconnecte. Les 18-30 ans passent l’équivalent d’une journée par semaine sur leur smartphone ! Pour reposer nos esprits, on peut quantifier nos usages avec une application comme : Pour déconnecter, on peut aussi se faire aider…. Par une app ! TOUT AU LONG DE LA RELATION 2 EN FIN DE RELATION 3 14% des Français seulement tentent une réparation si leur appareil a un problème. ll n’est pas nécessaire de tirer un trait sur notre histoire avec notre smartphone à la moindre égratignure. Apple et Samsung ont des réparateurs agréés que l’on peut connaître en appelant leurs SAV, mais de nombreux réparateurs professionnels peuvent aussi vous proposer des devis. On tente la réparation avec un professionnel. Certains Fablabs ou Repairs-Cafés proposent des ateliers dans ce sens et si vraiment manier le tournevis ne nous fait pas peur, on peut trouver des guides ou des tutos comme ceux de : On peut aussi essayerde se transformer en MacGyver. On évite d’attendre que le téléphone soit à plat. Déjà parce qu’être interrompu en pleine lecture d’une vidéo LOLCAT c’est frustrant, mais aussi parce que les batteries, essentiellement composées de lithium n’aiment pas trop ça. Elles n’aiment pas non plus qu’on les recharge toute la nuit. La meilleure option ? La charge alternée, soit de quoi maintenir sa batterie entre 20 et 80%. On optimise la batterie pour allonger sa durée de vie. On prend soin de son écran. Car + de 80% des réparations effectuées sur les smartphones concernent les écrans. On laisse son smartphone récupérer après une utilisation intense. 13 h de route à utiliser le GPS et la bibliothèque musique pour ne pas se perdre et chanter à tue-tête, pour nous c’est bien, pour notre téléphone moins. Alors on le met au repos, car cela permet de laisser refroidir la batterie et le processeur, sensibles aux températures élevées. BON LÀ C’EST VRAIMENT FINI, OU PAS... 4 Seulement 15% des smartphones sont collectés en fin d’usage en France et au moins 30 millions d’appareils dorment dans nos tiroirs, oubliés. C’est le principe du réemploi, on revend ou on donne son appareil parce qu’il fonctionne encore. Ainsi, il ne devient pas un déchet tout de suite et on prolonge sa durée de vie. Certaines structures comme On n’en veut plus, mais peut-être qu’il pourra faire un heureux. On ramène son vieuxmodèle chez le vendeur, sans oublier le chargeur récupèrent les appareils électroniques en vue de leur réparation et de leur réutilisation. En 2016, ils ont réceptionné259 000 téléphones dont 56 000 ont été réutilisés et 203 000 recyclés. On achète un modèle adapté à ses besoins. > Si on déjà un superbe appareil photo et que notre smartphone sert avant tout aux selfies à contre-jour, on n’a peut-être pas besoin d’investir dans un nouveau modèle avec un meilleur appareil. On se tourne vers un modèle d’occasion. Parce que la fabrication d’un smartphone a un lourd impact (social et environnemental), le meilleur moyen pour le réduire est de prolonger la durée de vie des téléphones. Acheter un modèle reconditionné est un bon moyen pour alléger l’impact de son appareil. Plusieurs plates-formes proposent des modèles : qui propose des smartphones pas cher et reconditionnés. qui travaille avec le réseau Envie et les Ateliers du Bocage. qui propose des smartphones reconditionnés Ce genre de réparations « maison » entrainent néanmoins une disparition des garanties. On ne se décide pas trop vite. C’est tentant ces promotions merveilleuses pour ce magnifique modèle dernier cri vu dans une belle publicité, mais comme des chercheurs ont mis en évidence qu’on avait tendance à faire moins attention à notre téléphone à l’approche de la sortie d’un nouveau modèle, on redouble de vigilance ! On fait le point pour savoir si le fabricant est labellisé. Certaines marques s’engagent en matière d’environnement et d’éthique pour la fabrication. Le plus vertueux : seul labellisé Der Blaue Angel. LABEL EMMAüs LABEL EMMAüs BACK MARKET BACK MARKET REMADE REMADE FAIRPHONE FAIRPHONE
Your browser does not support SVG. 75 000 litres de rejets d’eau acide AUJOURD’HUI, TOUS NOMOPHOBES ? LE SMARTPHONE Avec lui, on prend la pausetout sourire et on ne voit plus le temps passer. Pour rien au monde on ne voudrait en être séparé tant, sans lui, on se sent nu. « Lui », ce n’est pas notre moitié, mais bien notre smartphone adoré sans qui notre quotidien n’aurait plus la même saveur. On le bichonne, pourtant, à la moindre nouveauté, on le délaisse, lui préférant un modèle plus grand ou plus connecté. Avant de le ranger dans un tiroir, si on prenait le temps de réévaluer son impact sur l’environnement ? Car il n’a l’air de rien, mais il a de l’or dans la carte mère et du cobalt dans la batterie. Allez, on ravive la flamme ! Une relation compliquée ? « Nomo-quoi ? » N-O-M-O-P-H-O-B-I-E, soit le fait que nous ayons peur d’être séparés de notre smartphone. Parce que pour dialoguer, écouter de la musique, aller sur le net, prendre des photos, partager des infos, s’orienter, s’amuser, … le smartphone est devenu un objet incontournable. 8/10 Français entre 18 et 75 ans déclarent posséder un smartphone Ce qui en fait le 1er équipement numérique des Français. Avoir un smartphone serait donc tout ce qu’il y a de plus normal. 1 ER Pourtant, avec Est-ce qu’il n’y aurait pas comme un problème ? Si ! Mais pourquoi en sommes-nous tous raide dingues ? 41% des Français qui affirment le consulter au milieu de la nuit 85% qui s’en servent en présenced’un proche 40% des 18-25 ans qui le consultent dans les 5 minutes suivant leur réveil C’est parce que cet objet, qui tient dans une poche, contient un concentré de fonctionnalités plus ou moins farfelues - de 200g +1 infinité de fonctionnalités Disque dur L’intégrale de la Pléiade Enregistreurde sons en tout genre Conversation écrite avec des personnes à travers le monde Album photos de famille Appareil photohaute définition Recherche de la couleur du cheval blanc d’Henri IV Lampe torche quand on est dans le noir Relais WIFI quand on en n’a pas Miroir d’appoint Accès à toutes les infos du monde 1 smartphone = de smartphones se sont vendus dans le monde depuis 2007, année où la machine s’est emballée avec le premier iPhone. milliards Et c’est ainsi que 7 TRÈS BIEN... MAIS ALORS, OÙ EST LE PROBLÈME ? Scanner rapide des composants d’un téléphone de taille moyenne Notre smartphone est riche ! Très riche ! Surtout en métaux. Parmi tous ces composants, c’est aux métaux que l’on doit la mauvaise réputation de nos smartphones. Pour comprendre le problème, il faut remonter la chaîne de fabrication de nos smartphones de l’extraction minière à l’assemblage des composants. Jusqu’à 70 matériaux et 50 métaux différents sont présents dans un smartphone dont des métaux précieux comme l’or et l’argent et des métaux rares et spéciaux comme le tantale. trioxyde d’antimoine, bisphénol A, retardateurs de flamme bromés 40% plastiques et matières synthétiques 10% verre et céramique 50% métaux UNE FABRICATION QUI PÈSE LOURD de l’impact environnemental du smartphone est dû à sa fabrication. Parmi les étapes pointées du doigt, l’extraction des minerais présents dans les smartphones sous la forme de métaux. ¾ Les mines d’extraction sont dans un nombre très limité de pays lointains pour nous dont La République Démocratique du Congo qui détient entre 60% et 80% des réserves en coltan la Chine qui détient la majorité voire la totalité de la production d’antimoine, gallium, indium et terres rares avec plus de 90% de la production de praséodyme et néodyme. L’Australie Région des Grands Lacs en Afrique Amérique du Sud de néodyme (utilisé dans nos smartphones pour les aimants) de déchets qui peuvent être chargés en radioactivité et en métaux lourds. TONNE 1 TONNE 1 EN PLUS, L’extraction minière est responsable de la destruction d’écosystèmes et provoque de multiples pollutions, de l’eau, de l’air, des sols, en raison des procédés chimiques utilisés. Cela pourrait s’arrêter là, mais ces minerais ne sont pas intégrés brut dans nos smartphones ; ils sont transformés. 180 étapes sont nécessairesà la production de ces composants électroniques.Ce qui entraine des taux élevés de pollution aux phtalates, solvants chlorés et métaux lourds dans les eaux de rejet. 2 1 4 3 2 Conception Extraction et transformation des matières premières Fabrication des principaux composants Assemblage Distribution 3 1 4 2 2 2 3 3
Your browser does not support SVG. SOCIÉTÉ Ces minerais posent aussi des problèmes sociaux et éthiques et sont responsables d’instabili-tés dans les zones où ils sont extraits. En République Démocratique du Congo : + de 40 000 enfants travaille-raient dans les mines de cobalt et de coltan (pour faire des bat-teries et des condensateurs). Fragilisée par des conflits armés au début des années 2000, la région du Kivu reste instable et le trafic de coltan y est encore très présent, car très lucratif pour les groupes armés. Bien que certains fabricants (notam-ment américains depuis la loi Dodd-Franck de 2014) se soient engagés à ne pas s’approvision-ner auprès de mines participant au financement de groupes armés, les conditions d’approvi-sionnement sont encore opa-ques. « MINERAIS DE SANG ». On parle de Au Chili, en Argentine, en Bolivie : la production du lithium (dans les batteries) néces-site beaucoup d’eau et provoque des conflits d’usages graves avec les populations locales. L’étain, le tantale, le tungstère et l’or, appelés les 3TG alimentent l’insta-bilité dans les zones où ils sont exploités : Répu-blique Démocratique du Congo, région des Grands Lacs Africains, Amérique Centrale, Birmanie. DES USAGES À RAISONNER UN RECYCLAGE ENCORE DIFFICILE Ecrans abîmés, batteries fati-guées,... nos smartphones vieil-lissent vite. Seulement, les cures de jouvance sont rendues diff-ciles sur des modèles qui ne sont ,au final, pas conçus pour durer (batterie collée ou soudée, télé-phone non démontable, connec-tiques différents entre les m-dèles d’une même gamme,...). Aux effets du temps s’ajoutent les effets de mode avec l’encha-nement de sorties de nouveaux modèles. Résultat ? Nous chan-geons en moyenne de modèle tous les 2 ans. Séduits par les promotions de nos opérateurs ou les publicités vantant les nou-veaux modèles qui se bousculent au portillon, 88% d’entre nous en changeons alors que l’ancien fonctionne encore. Accros à nos smartphones, nous n’en sommes donc pas moins versatiles. Sauf qu’il faut au moins 5 ans d’utilisa-tion pour que l’impact environne-mental de l’usage du smartphone soit équivalent à celui de sa fa-brication. On pourrait croire que parce que c’est la fabrication de nos smartphones qui pose problème, nous ne pouvons rien faire ! Heureusement, il n’en est rien. Nous pouvons même faire beaucoup, et ce à toutes les étapes de la vie de notre smartphone ! Les minerais ne sont pas intégrés bruts dans nos smartphones. Présents en très petite quantité, ils sont souvent assemblés sous la forme d’alliages complexes qui rendent leur recyclage délicat, car les matériaux sont alors indifférentiables. Seule une vingtaine de maté-riaux est aujourd’hui recyclable parmi tous ceux présents dans nos smartphones.Et en raison de l’évolution rapide des modèles, les don-nées disponibles sur les compo-sants à l’intérieur des smart-phones sont uniquement celles fournies par les fabricants. Par exemple, Apple a communiqué en 2016 sur la disparition de 6 substances de ses smartphones dont les phtalates et l’arsenic, alors qu’on ne savait même pas qu’il y en avait à l’origine ! 1997-1998 1999-2000 2000-2002 2003-2004 2007-2008 2009-2010 2010-2012 2013-2014 2015-2018 ? 2015-2020 2005-2006 DONC LE CHOIX 1 Certaines marques s’engagent en matière d’environnement et d’éthique pour la fabrication. Le plus vertueux : On fait le point pour savoir si le fabricant est labellisé. Comme la plupart des objets que nous achetons, les smartphones ne sont ni conçus pour durer et ni pensés pour être évolutifs. Batterie collées ou soudées, indisponibilitédes pièces pour les réparations, utilisation de connectiques exclusives, … les raisons de l’obsolescence programmée sont nombreuses. proposent un système de notation des smartphones en fonction de leur réparabilité. On y découvre (sans surprise) que pour les fabricants, créer des appareils réparables est loin d’être une priorité. On choisit un modèle conçu pour durer. On se tourne vers un modèle d’occasion. Parce que la fabrication d’un smartphone a un lourd impact (social et environnemental), le meilleur moyen pour le réduire est de prolonger la durée de vie des téléphones. Acheter un modèle reconditionné est un bon moyen pour alléger l’impact de son appareil. Plusieurs plates-formes proposent des modèles : qui travaille avec le réseau Envie et les Ateliers du Bocage. qui propose des smartphones reconditionnés qui propose des smartphones pas cher et reconditionnés. FAIRPHONE seul labellisé Der Blaue Angel. LABEL EMMAüs BACK MARKET REMADE Une fois que nous sommes l’heureux propriétaire d’un nouveau jouet tout neuf, l’idée est donc de le faire durer le plus longtemps possible ! 40% des pannes peuvent être évitées si on prend soin de son téléphone. Il n’est pas nécessaire d’attendre les consignes de sécurité dans l’avion pour les vacances pour passer son smartphone en mode « avion ». En zone où le réseau est faible, notre téléphone redouble d’effort pour tenter de capter le signal et nous informer de la super promo sur les makis du resto en bas de chez nous, ce qui use son processeur. Seulement, si on est au bout du monde avec peu de réseau, c’est peut-être pas mal d’en profiter vraiment, non ? On déconnecte. Les 18-30 ans passent l’équivalent d’une journée par semaine sur leur smartphone ! Pour reposer nos esprits, on peut quantifier nos usages avec une application comme : Pour déconnecter, on peut aussi se faire aider…. Par une app ! TOUT AU LONG DE LA RELATION 2 On évite d’attendre que le télé-phone soit à plat. Déjà parce qu’être interrompu en pleine lecture d’une vidéo LOLCAT c’est frustrant, mais aussi parce que les batteries, essen-tiellement composées de lithium n’aiment pas trop ça. Elles n’aiment pas non plus qu’on les recharge toute la nuit. La meilleure option ? La charge alternée, soit de quoi maintenir sa batterie entre 20 et 80%. On optimise la batterie pour allonger sa durée de vie. Car + de 80% des réparations effectuées sur les smartphones concernent les écrans. On prend soin de son écran. 13 h de route à utiliser le GPS et la bibliothèque musique pour ne pas se perdre et chanter à tue-tête, pour nous c’est bien, pour notre téléphone moins. Alors on le met au repos, car cela permet de laisser refroidir la batterie et le processeur, sensibles aux températures élevées. On laisse son smartphone récupérer après une utilisation intense. BreakFree AppDetox Moment C’est tentant ces promotions merveilleuses pour ce magni-fique modèle dernier cri vu dans une belle publicité, mais comme des chercheurs ont mis en évi-dence qu’on avait tendance à faire moins attention à notre té-léphone à l’approche de la sortie d’un nouveau modèle, on re-double de vigilance ! On ne se décide pas trop vite. … sur les garanties disponibles. Car il en existe des légales (la garantie légale de conformité de 2 ans) et des commerciales. Les légales, comme pour tous les produits en France, vous protègent notamment des défauts de conformité ou des vices cachés pendant 2 ans.… sur la durée de la disponibilité des pièces détachées en cas de besoin. Seuls ceux vendant lesdites pièces sont néanmoins tenus de répondre à cette question. Afin que notre téléphone dure plus longtemps. On n’hésite pas à questionner son vendeur… On achète un modèle adapté à ses besoins. Si on déjà un superbe appareil photo et que notre smartphone sert avant tout aux selfies à contre-jour, on n’a peut-être pas besoin d’investir dans un nouveau modèle avec un meilleur appareil.
Your browser does not support SVG. EN FIN DE RELATION 3 14% des Français seulement tentent une réparation si leur appareil a un problème. ll n’est pas nécessaire de tirer un trait sur notre histoire avec notre smartphone à la moindre égratignure. Apple et Samsung ont des réparateurs agréés que l’on peut connaître en appelant leurs SAV, mais de nombreux réparateurs professionnels peuvent aussi vous proposer des devis. On tente la réparation avec un professionnel. Certains Fablabs ou Repairs-Cafés proposent des ateliers dans ce sens et si vraiment manier le tournevis ne nous fait pas peur, on peut trouver des guides ou des tutos comme ceux de : On peut aussi essayer de se transformer en MacGyver. BON LÀ C’EST VRAIMENT FINI, OU PAS... 4 Seulement 15% des smartphones sont collectés en fin d’usage en France et au moins 30 millions d’appareils dorment dans nos tiroirs, oubliés. C’est le principe du réemploi, on revend ou on donne son appareil parce qu’il fonctionne encore. Ainsi, il ne devient pas un déchet tout de suite et on prolonge sa durée de vie. Certaines structures comme On n’en veut plus, mais peut-être qu’il pourra faire un heureux. On ramène sonvieux modèle chez le vendeur, sans oublier le chargeur récupèrent les appareils électroniques en vue de leur réparation et de leur réutilisation. En 2016, ils ont réceptionné259 000 téléphones dont 56 000 ont été réutilisés et 203 000 recyclés. Ce genre de réparations « maison » entrainent néanmoins une disparition des garanties.