Des femmes et des freins

MIXITÉ AU TRAVAIL
Des femmes et des freins sur Qu'est-ce qu'on fait
L’accès aux postes à responsabilités pour les femmes serait-il entravé par la culture et les stéréotypes ? Le réseau mondial de femmes politique Women Political Leaders et leader mondial de la data, des études et du conseil Kantar, se sont donnés pour défi de mesurer l’impact des stéréotypes genrés sur le marché du travail. Leur baromètre : l’index de Reykjavik, lancé à l’occasion du Forum Mondial des Femmes Dirigeantes (Women Leaders Global Forum) qui s’est tenu à Reykjavik en Islande du 26 au 28 novembre 2018. Leur cible : les pays du G7.

Pour mesurer le conditionnement culturel, l’expérience est simple : demandez à 10 000 personnes qui elles verraient occuper un poste de leadership, dans 20 secteurs d’activité.
Si la réponse est « un homme » ou « une femme », comptez 0. Si le sexe du leader est indifférent, comptez un point. Ajoutez un malus s’il y a un fort écart entre les réponses des hommes et celles des femmes interrogées, et le tour est joué ! Lancé en novembre dernier au Sommet Mondial des Femmes Dirigeantes, l’index de Reykjavik est le premier à mesurer la mixité « ressentie » dans le monde du travail. Plus il est haut, plus l’égalité est tangible, car il signifie que le sexe du leader est moins important que ses compétences. « L’objectif est évidemment d’atteindre 100 dans tous les pays et tous les secteurs ! », explique Laure Salvaing, directrice déléguée chez Kantar.

« Pour arriver à une véritable égalité dans la réalité, il faut changer les représentations et les croyances au sein des sociétés. Les arguments économiques ne suffisent pas à faire bouger les choses, il faut inlassablement mettre à jour les a priori culturels pour mieux les combattre. »

Cette année, le G7 obtient la note de 66. Le Royaume-Uni, en tête avec 72 points, suivi de la France (71), du Canada (71) et des États-Unis (70) font partie des bons élèves. Largement en retrait, le duo Italie (57) et Japon (61) est rejoint par… l’Allemagne d’Angela Merkel !

Ah bon ! Pourquoi ? « Il n'y a pas de correspondance obligatoire entre la mentalité d'une société et celle de ses dirigeants », analyse la sociologue Maud Navarre. « Le chancelier allemand est désigné par les parlementaires. Ceux-ci peuvent choisir de désigner une femme pour paraître modernes sans que cela ne corresponde vraiment à une aspiration de l'ensemble de la population. »

Malgré un « bon » score de 71 points, la France n’est pas épargnée par les stéréotypes entre les secteurs (un autre malus !). On y voit davantage les femmes comme leader dans la mode et les métiers de l’enfance, et les hommes dans la défense. Plus en avance, les médias, la politique et les sciences atteignent des scores supérieurs à 80.

« Sur le principe, il n’y a pas de raison de ne pas atteindre une véritable mixité partout : les progrès technologiques font qu’hommes et femmes peuvent exercer les mêmes métiers sans contrainte liée à la force physique » explique Catherine Bonneville-Morawski, fondatrice du cabinet de conseil en mixité Eragina. « Nous reproduisons nos clichés : les femmes n’ont pas de modèles féminins dans des entreprises créées par et pour des hommes. Diplômées d’un bac S, elles vont se tourner vers les métiers du soin et non de l’ingénierie où elles ne se projettent pas. »

« Les progrès technologiques font qu’hommes et femmes peuvent exercer les mêmes métiers sans contrainte liée à la force physique »

  • On se rafraîchit la mémoire sur les chiffres et sur ses droits avec l’infographie de Qqf sur les inégalités.
  • On lit Les Culottées de Pénélope Bagieu : la chimiste Marie Curie, l’athlète Cheryl Bridges et l’astronaute Mae Jemison ont toutes exercé dans des milieux traditionnellement réservés aux hommes.

En entreprise, on s’engage pour l’égalité

  • On rejoint le Réseau mixité de son entreprise ou on s’inspire du guide d’InterElles pour lancer le projet.

On favorise l’embauche et la carrière des femmes :

  • La maternité est un frein à la carrière : une femme dispose de 16 semaines, dont 8 obligatoires, alors qu’un homme ne peut prendre que 11 jours. On s’engage en faveur du congé parental obligatoire pour les hommes en signant les pétitions Les pères en congés ! et N’enterrez pas le congé paternité. 
  • On s’engage dans les réseaux et associations qui soutiennent les femmes désirant entrer dans un domaine vu comme « masculin » et qui luttent contre les stéréotypes : HF, par exemple qui agit dans le milieu de la culture et du spectacle, Elles bougent pour les ingénieures, Elles aussi pour la parité dans les fonctions électives, Femmes et sciences, la Femix dans le sport, ou encore le Club Com’Elles dans les métiers du marketing et de la communication.

On médiatise le problème :

  • Les femmes peuvent adhérer au Collectif de La Barbe qui agit contre la domination masculine dans les sphères de pouvoir.
    Les hommes soutiendront Jamais sans elles et refuseront de se présenter à des débats et manifestations publiques non-mixtes.

 

Cet article a été publié dans le cadre d’une conférence Kantar Vision : Femme.s : Soutenez leurs regards sur le monde

Juliette Démas
Illustrations : Natalia Gonzalez

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