Ce que les satellites révèlent de nos forêts
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Ce que les satellites
révèlent de nos forêts

Texte : Léa Pruvoost​
Illustrations : Julie Peron

En plus de contribuer aux cycles de l’eau et du carbone à l’échelle planétaire, les forêts jouent un rôle socio-économique clef et constituent un immense réservoir de biodiversité.

Mais voilà, aujourd’hui, « les poumons de la planète » sont soumis à des pressions naturelles induites par le changement climatique (tempêtes, attaques phytosanitaires, incendies). Elles sont aussi victimes des activités humaines (déforestation, dégradation, pollution…).

Pour protéger les forêts et mieux anticiper ces phénomènes, il faut pouvoir observer… plus de 4 milliards d’hectares de surface ! Une mission possible grâce à la télédétection satellite à laquelle contribue l’agence spatiale française, le CNES (Centre national d’études spatiales).

Car si l’arbre cache la forêt, on vous explique comment les satellites la dévoilent !

🌳 Refuges de biodiversité, poumons de notre planète, tampons contre le réchauffement climatique, les forêts nous rendent d’immenses services !

Selon vous, quelle part de la surface terrestre est couverte par des forêts ?
31%

Les forêts couvrent environ 1/3 de la superficie totale des terres, soit plus de 4 milliards d’hectares à l’échelle mondiale.

Tropicales, boréales, tempérées, sous-tropicales, les forêts sont de natures très diverses. La moitié est située dans 5 pays seulement (Brésil, Canada, Chine, États-Unis et Russie).

16 milliards

Ce sont les tonnes de CO₂ absorbées par an par les forêts. Autrement dit, celles-ci stockent plus de la moitié du carbone des terres émergées et jouent à ce titre un rôle déterminant dans la régulation du niveau du CO₂ atmosphérique, et donc dans la lutte contre le dérèglement climatique.

De la même manière, les forêts participent à la régulation des cycles de l’eau. Elles absorbent et filtrent l’eau de pluie avant qu’elle ne s‘évapore à nouveau. Elles limitent ainsi l’érosion des sols, les crues et les glissements de terrain.

1,6 milliard

De personnes dépendent des forêts. Elles constituent en effet une ressource pour de nombreuses applications (construction, cellulose pour le papier, bois d’œuvre et de chauffe, etc.). Dans les zones tropicales, elles fournissent des plantes médicinales et des denrées comestibles aux populations. Ainsi, les forêts jouent également un rôle socio-économique fort !

Et nous ne sommes pas les seuls à en dépendre ! 80% des espèces animales et végétales que compte la planète vivent dans les forêts, faisant aussi de ces espaces des réservoirs de biodiversité.

⚠️  Mais aujourd’hui, les forêts sont sous pression !

178 millions

C’est le nombre d’hectares de forêt perdus depuis 1990, à l’échelle mondiale. Cela représente 3 fois la surface de la France !

Heureusement, le taux de perte forestière nette (soit toutes les pertes par rapport aux gains de forêts) tend à ralentir, grâce au recul de la déforestation dans certains pays, ainsi qu’au reboisement et à l’expansion naturelle des forêts dans d’autres.

Les zones qui enregistrent le plus de pertes, sur la période 2010-2020, sont :

  • L’Afrique : 3,9 M d’ha perdus/an
  • L’Amérique du Sud : 2,6 M d’ha perdus/an

Pourquoi ?

Pourquoi les forêts disparaissent-elles ?

Pour deux principales raisons :

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Pourquoi ?

Pourquoi les forêts disparaissent-elles ?

Pour deux principales raisons :

N°1 : la déforestation

= correspond à la diminution des surfaces couvertes de forêts.

Les principaux facteurs :

  • L’agriculture (élevages + cultures) : 73%
  • L’industrie : 10%
  • L’expansion urbaine : 10%
  • L’exploitation minière : 7%
N°2 : la dégradation

= correspond à la détérioration de l’état des forêts.

Les principaux facteurs :

  • L’extraction de bois : 53%
  • L’extraction de combustibles : 31%
  • Les feux incontrôlés : 9%
  • Les pâturages : 7%

👀 Alors, comment trouver un équilibre entre économie et écologie ?

Entre nos besoins en produits forestiers et la sauvegarde des forêts ?

C’est là que les satellites interviennent !

Pour atteindre nos objectifs, il faut s’appuyer sur les bonnes informations pour pouvoir prendre les bonnes décisions et adopter des mesures de gestion adaptées !

Et justement ! Capables de fournir des images radar, optiques, de haute ou de très haute résolution et dans les dimensions spatiales et temporelles, les satellites permettent d’observer la Terre comme aucun humain n’a pu le faire auparavant. Ils rendent disponibles des données harmonisées et exploitables par tous.

La science au service de la société

Dans une volonté de mettre la science au service de tous, la plupart des données récoltées par les satellites du CNES ou de l’ESA (l’agence spatiale européenne) sont en accès libre sur des plateformes dédiées.

Exploitables par les scientifiques, les pouvoirs publics, les entreprises et les citoyens, elles alimentent de nombreux programmes et services utiles à la préservation de l’environnement.

Ce que nous apprennent les observations satellite sur les forêts ?

💡Observer et comprendre l’organisation des forêts

Selon vous, combien d’hectares de forêt font l’objet d’un plan de gestion dans le monde ?

Forêts concernées par un plan de gestion

2 milliards d’hectares

La plupart se situent en Europe.
En Afrique, ce sont moins de 25% des forêts qui sont concernées par un plan de gestion, et moins de 20% en Amérique du Sud.

Quels sont les objectifs de gestion des forêts ?
  • Production : 29%

Presque 1/3 des forêts est dédié à la production de bois, de fibres, de bioénergie et/ou de produits forestiers.

  • Usages multiples : 18%

C’est-à-dire qu’elles sont gérées pour une combinaison de fonctions : production, protection du sol et de l’eau, conservation de la biodiversité et fourniture de services sociaux.

  • Protection de la biodiversité : 10%

C’est-à-dire la protection de tous les êtres vivants qui habitent et composent le milieu forestier.

  • Protection de l’eau et des sols : 10%

 

  • Services sociaux : 5%

Activités récréatives, tourisme, formation, recherche et conservation des sites d’importance culturelle ou spirituelle.

  • Autre : 5%

Recherche scientifique ou fins militaires.

  • Pas d’affectation ou inconnue : 23%

🔎 Comment prendre les bonnes décisions en matière de gestion ?

C’est là que la télédétection satellite intervient !

Sentinel-1 et 2

Au niveau européen, ce sont les satellites Sentinel-1 et 2 qui fournissent des données sur l’état de notre planète en général et des forêts en particulier.

Ce que nous apprennent Sentinel-1 et 2 sur les forêts :

  • Quelle surface les forêts occupent-elles ?
  • De quelles diverses essences sont-elles composées ?
  • Quelle surface couvre le feuillage ?
  • Quel est la vigueur et la quantité de la végétation ?
  • Quelle est sa teneur en eau ?

Ils font partie d’un programme européen nommé Copernicus, dédié à la protection de l’environnement.

Sentinel-1A

fournit des images radar en tout temps même la nuit ou lorsque le ciel est couvert. Avec plusieurs cordes à son arc, il permet non seulement de cartographier les forêts, mais aussi d’évaluer les ressources en eau, d’observer les sols, de détecter les glissements de terrains, de suivre les banquises et l’environnement arctique, de traiter les situations d’urgence (catastrophes naturelles, incendies…).

Sentinel-2A et 2B

fournissent des images optiques. Ils couvrent tout le territoire au moins une fois tous les 5 jours, mais ne peuvent percer les nuages. La résolution de 10 à 60 m apporte une information riche sur l’état de la végétation et son évolution au fil des saisons et des aléas climatiques.

En complément des Sentinel, deux autres familles de satellites français contribuent à l’observation des forêts de la planète :

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En complément des Sentinel, deux autres familles de satellites français contribuent à l’observation des forêts de la planète :

CO3D

Pour prendre la relève des services stéréoscopiques fournis par les satellites Pléiades, le CNES a mis en place le programme CO3D. Lancée mi-2025, cette constellation de quatre satellites a pour but de fournir des données géographiques globales en 3 dimensions. En survolant la même zone avec différents angles d’acquisition, il est possible de générer à partir des images acquises sur cette zone une cartographie 3D avec une précision relative à 1m et une précision absolue à 4m.

SPOT 6 et 7

SPOT 6 et 7 couvrent de larges surfaces terrestres avec une résolution de 1,5 à 7 mètres. Ils permettent de cartographier des habitats naturels, mais aussi d’analyser les évolutions du couvert forestier et du cycle de l’eau. La longévité du programme SPOT (le premier fut lancé en 1986) permet de comparer les mêmes zones sur une longue durée, très utile pour comparer l’évolution des surfaces forestières !

Pléiades 1A et 1B

Lancés respectivement en 2011 et 2012, les satellites Pléiades 1A et 1B complètent les satellites SPOT en termes d’observation de la Terre. Ces satellites de nouvelle génération déploient un système d’imagerie spatiale à très haute résolution (70 cm seulement !), capable de fournir des clichés de n’importe quel point du globe en moins de 24h.

Les satellites au chevet des forêts françaises !

En France, c’est l’Office national des forêts (ONF) qui est en charge de la gestion des 17 000 forêts publiques françaises.  Pour protéger et gérer au mieux ce trésor vert, le CNES et l’ONF collaborent régulièrement pour mettre la science spatiale au service des forêts et ainsi :

  • Élaborer et suivre des plans de gestion forestière,
  • Évaluer les dégâts en cas de tempêtes ou d’atteintes phytosanitaires,
  • Analyser les risques d’incendies.

💧 Comprendre le cycle de l’eau des forêts

Les forêts jouent un rôle majeur dans le cycle de l’eau

Puisant l’eau dans le sol par leur système racinaire, elles l’acheminent jusqu’aux feuilles d’où elle s’échappe sous forme de vapeur dans l’atmosphère. Les échanges entre le sol et les racines sont donc primordiaux non seulement pour la santé des forêts mais pour le cycle de l’eau planétaire. Et là encore, les satellites nous permettent d’y voir plus clair en la matière, notamment le satellite SMOS.

SMOS

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SMOS

Objet d’une coopération

entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et le CNES.

Le satellite SMOS est équipé d’un radiomètre à micro-ondes capable de mesurer l’humidité des sols de notre planète ou la salinité des océans.

Ce que nous apprend SMOS sur les forêts ?

En mesurant l’humidité des sols, il collecte des informations sur l’humidité de la zone racinaire, celle qui nous intéresse pour comprendre comment les forêts stockent l’eau.

C’est très pratique pour prévenir les sécheresses dans les zones agricoles et forestières et donc anticiper les risques d’incendies.

Exemple d’application

quand SMOS perce le secret du verdissement des forêts tropicales

Des chercheurs ont observé un phénomène étrange au sein de plusieurs forêts tropicales : les arbres et plantes verdissent avant le début de la saison des pluies, ce qui apparaît quelque peu contradictoire…

Scrutant les 2,7 millions de km2 de l’immense forêt africaine tropicale du Miombo, les observations de SMOS ont ainsi percé le mystère.

La forêt « stocke » de l’eau

à la fin de la saison humide et la garde pendant la saison sèche.

On estime que la végétation se prépare ainsi à l’activité de photosynthèse de la saison des pluies.

Ces informations sont essentielles pour prédire la réaction des écosystèmes au changement climatique.

💨 Évaluer les stocks et flux de carbone des forêts

Puits de carbone
Source de carbone
Le bon côté
Le mauvais côté
X

16 milliards de tonnes de CO2 sont photosynthétisées par les arbres des forêts. Elles absorbent le carbone, un des gaz qui contribuent au changement climatique ; dans leurs feuilles, leurs branches, leurs troncs, leurs racines et le sol via la photosynthèse.

Les forêts sont ainsi le deuxième puits de carbone de la planète, après les océans !

Il ne faut pas oublier que les forêts constituent ainsi un énorme stock de carbone susceptible de se libérer dans l’atmosphère lorsque l’on abîme ou qu’on coupe des arbres. 8,1 milliards de tonnes de CO2 sont relâchées à cause de la déforestation et d’autres perturbations.

Le saviez-vous ?

Le meilleur moyen de comprendre le rôle des forêts dans la régulation du carbone est de mesurer et de suivre la biomasse des forêts par satellite.

La biomasse, c’est quoi ?

= la quantité d’organismes vivants dans un lieu donné. Il peut s’agir de plantes, d’animaux, de champignons ou de bactéries. C’est dans cette biomasse que se niche le carbone. Le suivi de la biomasse des forêts contribue donc à quantifie le carbone qu’elles contiennent.

  • La biomasse est constituée à 50% de carbone.
  • Les forêts représentent 70 à 90% de la biomasse aérienne des surfaces continentales. La majorité est située dans les tropiques.
SMOS, le retour

Bien que ce ne soit pas sa fonction première, le satellite SMOS (encore lui) possède à l’heure actuelle le seul capteur satellitaire permettant de faire un suivi annuel détaillé, en quantifiant précisément la biomasse végétale à l’échelle du monde. Les données de SMOS alimentent maintenant la première plateforme géospatiale permettant de visualiser le rôle des forêts dans la séquestration du carbone : le Biomass Carbon Monitor.

Biomass Carbon Monitor

= la première plateforme géospatiale capable de mesurer le rôle des forêts dans la séquestration carbone.

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Biomass Carbon Monitor

= la première plateforme géospatiale capable de mesurer le rôle des forêts dans la séquestration carbone.

INRAE & LSCE

Développée par la société française Kayrros (spécialisée dans la collecte et l’analyse des images satellites), l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et le LSCE (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement), la plateforme permet d’accéder librement à des cartes mondiales de changement des stocks de carbone contenus dans la biomasse aérienne.

Des compensations

À l’échelle mondiale, 760 millions de tonnes de carbone ont été éliminées de l’atmosphère chaque année, au cours de la dernière décennie. Compensant près de 8% des émissions de CO2 liées à la consommation d’énergies fossiles et à la production de ciment au cours de cette période.

Des puits de stockage

Dans le sud de la Chine, un puits de carbone stocke 80 millions de tonnes de carbone par an depuis 10 ans grâce aux programmes publics de reboisement et de restauration de la forêt.

Des sources de carbone

Au lieu de stocker du carbone, certaines régions tropicales en émettent à cause de la déforestation et de la dégradation de leurs forêts.

Les forêts brésiliennes relâchent ainsi 40 millions de tonnes de CO2 par an, et la Bolivie, 20 millions de tonnes.

Biomass

En complément des données fournies par SMOS, la mission du satellite Biomass de l’Agence spatiale européenne (ESA)  consiste justement à scruter les forêts et à mesurer les stocks et flux de biomasse.

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Biomass

En complément des données fournies par SMOS, la mission du satellite Biomass de l’Agence spatiale européenne (ESA)  consiste justement à scruter les forêts et à mesurer les stocks et flux de biomasse.

Un outil pour voir à travers les feuilles

Positionné à 630 km de la Terre durant 5 ans, il est équipé d’un capteur dans une bande de fréquence inédite pour un satellite. Elle lui permet de pénétrer plus profondément dans la canopée et d’observer ainsi jusqu’aux troncs où se stocke la plus grande partie du carbone.

Comprendre le changement climatique

Biomass permet ainsi de relever des informations essentielles pour appréhender les causes et effets du réchauffement climatique :

  • Meilleure mesure des stocks de carbone,
  • Observation de l’impact de la déforestation,
  • Observation plus précise de la distribution verticale de la biomasse.
Les + de Biomass
  • Cartographie de la biomasse forestière,
  • Observation des forêts en 3D,
  • Mesure de la hauteur des arbres,
  • Identification des surfaces de déboisement,
  • Données diffusées en open source.

🔥 Mieux observer et anticiper les feux de forêts

350 millions

d’hectares de terres sont brûlés par des incendies de forêt chaque année ! Cela équivaut à 6 fois la superficie de la France.

Le dérèglement climatique conduit à une augmentation globale de la fréquence et de la gravité de ces incendies. En Australie, en Californie, sur le pourtour méditerranéen et même en Sibérie, ces dernières années ont été le témoin d’incendies spectaculaires.

Or, ces menaces seraient vouées à s’aggraver selon la communauté scientifique. Même si l’engagement pris lors de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement à 1,5°C était respecté, les incendies de forêt en Europe méditerranéenne augmenteraient tout de même de 40%.

Un centre d’experts scientifiques dédié ! En cas de feu de forêt, définir le niveau de l’incendie et des dommages qu’il cause est indispensable pour prédire la reprise de la végétation et mettre en place les mesures de gestion adaptées après l’incendie. C’est justement le travail que mène le centre d’expertise scientifique (CES) dédié aux incendies du Pôle Theia.
Pôle Theia

Le Pôle Theia met des données et des services issus des observations satellitaires, à la portée de la communauté scientifique nationale, internationale et des décideurs.

Il s’appuie notamment sur les données des satellites Sentinel, Spot et Pléiades pour développer des cartographies de l’intensité des feux de forêts et des dommages sur la végétation afin que les services de l’État puissent mieux intervenir mais aussi prévenir les futurs risques d’incendies.

Le centre s’appuiera aussi prochainement sur les données infrarouges thermiques de la mission franco-indienne Trishna, qui en complément de l’optique, renseignera sur le stress hydrique des forêts.

🪚 Comprendre les différents facteurs de déforestation

Les forêts disparaissent à un rythme alarmant

La forêt tropicale, comptant pour la moitié des forêts du monde, est gravement menacée : en 2019, l’équivalent d’un stade de football y a été détruit toutes les 2 secondes.

Libération du carbone, perte de biodiversité, disparition de services écosystémiques… Les effets néfastes de la déforestation sont multiples et extrêmement graves.

Pour lutter contre ce phénomène, il faut non seulement surveiller les activités de déforestation à l’échelle mondiale mais aussi comprendre les différents facteurs locaux de déforestation. Là encore, les satellites se révèlent être d’une efficacité redoutable !

TropiSCO

Un programme pour suivre la déforestation en quasi-temps réel : TropiSCO.

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TropiSCO

Un programme pour suivre la déforestation en quasi-temps réel : TropiSCO.

C’est quoi ?

Sur la base des données de Sentinel-1, le programme TropiSCO propose un système de détection en temps quasi réel de la déforestation en zone tropicale en fournissant une cartographie dynamique et des statistiques utilisables pour lutter contre l’exploitation forestière, les cultures agricoles illégales et le trafic d’essences d’arbres protégées.

C’est qui ?

TropiSCO est un projet co-financé par le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères et le CNES dans le cadre du Space For Climate Observatory (SCO).

Le SCO est une initiative du One Planet Summit qui regroupe un ensemble d’organisations spatiales et internationales dont l’objectif est de renforcer la coopération internationale afin de lutter et de s’adapter aux impacts du changement climatique.

Amazonie

En Amazonie, la principale menace est liée au défrichage. Cette pratique abusive dégrade fortement la forêt au bénéficie de culture du soja et de la production d’huile de palme.

Laos et Vietnam

Les observations confirment le phénomène de contrebande de bois à la frontière entre les deux pays. De grandes quantités de bois sont illégalement coupées et envoyées vers le Vietnam. Le bois est alors transformé en meubles qui sont ensuite exportés vers l’Europe et les États-Unis.

Gabon

Avec 88% du territoire recouvert de forêts et 13 parcs nationaux, la richesse du sous sol et la qualité du bois attisent les tentations d’exploitation. Afin de conserver ce patrimoine et de participer à la réduction globale des émissions de carbone, le Gabon intègre dans son système national d’observation des ressources naturelles et forestières, les détections de Tropisco, en appui aux politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement.

On mesure et on réduit son « empreinte forêt »

Certains produits du quotidien (meubles en bois, papier, viande, cacao, etc.) contribuent à la déforestation et à la dégradation des forêts. Et pour s’en rendre compte, on peut directement mesurer son « empreinte forêt » !

Il s’agit de la surface prise sur la forêt qui est nécessaire à la production des matières premières que nous consommons directement ou indirectement.

Pour identifier ses petites habitudes qui ont le plus d’impact, et mesurer son empreinte, on peut répondre au quiz proposé par l’association Envol Vert.

On change ses habitudes

Voici le top 4 des domaines dans lequel nos actions ont le plus de poids.

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On change ses habitudes

Voici le top 4 des domaines dans lequel nos actions ont le plus de poids.

La viande et le cuir

La déforestation tropicale est principalement liée à l’expansion des terres agricoles : pour l’élevage (viande et cuir) et les plantations (soja, huile de palme, etc.). Ces activités représentent à elles seules près des 3/4 des destructions.

Alors :

  • On réduit sa consommation de viande en intégrant plus de légumineuses dans son alimentation.
  • On privilégie la viande et les produits laitiers issus d’élevages locaux ou bio.
  • On limite les produits en cuir ou on les achète en seconde main.
Le bois et le papier

20% à 30% du bois importé en Europe est d’origine illégale et contribue ainsi à la déforestation. Alors :

  • On évite les bois exotiques (acacia, teck, etc.) et privilégie le bois certifié et local pour ses meubles et équipements.
  • On limite les impressions papier et les emballages, et on opte pour du FSC certifié si besoin.
  • On refuse les publicités et catalogues dans sa boite aux lettres et dans la rue.
L’huile de palme

On la trouve dans de nombreux produits alimentaires, cosmétiques et même dans le carburant. Or, les plantations de palmiers à huile sont la principale cause de déforestation en Asie du Sud-Est. Alors :

  • On guette la présence d’huile de palme sur les étiquettes des produits que l’on achète.
  • On peut utiliser les app Open Food Fact ou Scan Eat.
  • On évite les plats transformés.
  • On privilégie les transports en commun et le vélo quand on le peut car, étonnamment, on consomme en moyenne 10,5 kg d’huile de palme par habitants et par an dans nos carburants en France.
Le cacao et le café

La culture de cacao est la 4e cause de déforestation au monde et la 1e en Afrique de l’Ouest. Quant aux plantations de café, elles mettent en péril les forêts d’Amérique du Sud. Alors :

  • On réduit sa consommation et on la remplace par d’autres produits locaux.
  • On privilégie les marques certifiées équitable qui garantissent des conditions sociales et économiques fortes aux producteurs et qui présentent des garanties environnementales.

On participe au reboisement de la planète

On participe au reboisement de la planète

Nos options

En plantant des arbres et des plantes, on contribue au stockage du carbone et on recrée de la biodiversité. Pour cela : on peut planter directement dans son jardin ET/OU soutenir un programme de reboisement.

Up2green

Up2green est une ONG française qui développe ses propres programmes de reforestation tout en travaillant avec des partenaires locaux.

Reforest’action

Reforest’action est une entreprise française fondée en 2010. Grâce à son système de plantation participative, plus de 20 millions d’arbres on été plantés dans 40 pays.

Humy

L’association française Humy s’inscrit dans une démarche à la fois environnementale et sociale. Les dons permettent de financer des projets déjà existants sur le terrain au Bénin, en Colombie, à Madagascar et en Indonésie.

Cœur de forêt

L’association française Cœur de Forêt intervient dans 5 pays à travers le monde (Bolivie, Madagascar, Cameroun, Indonésie, France). Elle vise à la fois la reforestation, mais aussi le développement économique des populations locales.

On utilise les données spatiales pour protéger les forêts

Si l’on se sent l’âme d’un(e) scientifique, d’un(e) entrepreneur(neuse), ou que l’on a simplement une bonne idée de projet pour protéger les forêts, il faut savoir que le CNES rend disponible à tous de nombreuses données géospatiales. L’agence spatiale française soutient aussi de multiples projets amont avec son appel annuel à proposition de recherches scientifiques et aval avec son programme Connect by CNES.

Plusieurs exemples

d’entreprises s’appuient  sur les données spatiales fournies par le CNES pour améliorer la gestion et la protection des forêts, mais aussi la certification des projets forestiers.

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Plusieurs exemples

d’entreprises s’appuient  sur les données spatiales fournies par le CNES pour améliorer la gestion et la protection des forêts, mais aussi la certification des projets forestiers.

Connect by CNES

Le programme d’accompagnement Connect by CNES vise à soutenir des projets entrepreneuriaux de développement économique, environnemental et sociétal à travers la mise à disposition de données et de technologies spatiales. 3 secteurs sont ciblés : la santé, l’environnement et la mobilité.

Wildsense

vérifier et certifier les projets de reforestation grâce aux satellites.

Wildsense répond à un besoin de transparence sur le marché volontaire du carbone. Pour pouvoir certifier les projets de reforestation, la start-up s’appuie sur le traitement d’images satellites. Elle vérifie et surveille les projets de reforestation à distance et évalue de manière fiable leur capacité d’absorption de carbone et de protection de la biodiversité.

Kanop

mesurer le carbonne stocké par les forêts depuis l’espace.

Kanop s’appuie sur les données acquises depuis l’espace pour permettre aux acteurs forestiers de quantifier la capacité de leurs parcelles à séquestrer le carbone atmosphérique. La combinaison de données telle que la hauteur, le diamètre et l’essence de chaque spécimen permet de calculer la quantité de carbone piégée par chacun des arbres, donc de mesurer et de certifier les services climatiques rendus par chaque forêt.

Certification carbone ?

Afin de compenser leurs émissions, les organisations privées comme publiques peuvent lancer une démarche de certification carbone volontaire en soutenant des projets de terrain visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre ou à stocker du carbone dans les sols. Pour ce faire, elles ont besoin de garanties sur le calcul des émissions évitées ou encore sur la mise en œuvre réelle des projets.

Pour aller plus loin
La vidéo à regarder
La série « Terre en vue(s) » du CNES, pour redécouvrir notre planète à travers les yeux des satellites : eaux, plantes, animaux, changement climatique, etc.
Le podcast à écouter
« Des forêts et des Hommes » de l’Office national des forêts (ONF) qui aborde divers sujets comme la biodiversité, l’emploi, les risques naturels et l’innovation.
L’ouvrage à lire
« La forêt. Histoire, usages, représentations et enjeux » de Stéphanie Thiébault, croisant écologie, archéologie et histoire.
Une infographie
Qu’est ce-qu’on fait !?
réalisée en partenariat avec :
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