🌳 Refuges de biodiversité, poumons de notre planète, tampons contre le réchauffement climatique, les forêts nous rendent d’immenses services !
Les forêts couvrent environ 1/3 de la superficie totale des terres, soit plus de 4 milliards d’hectares à l’échelle mondiale.
Tropicales, boréales, tempérées, sous-tropicales, les forêts sont de natures très diverses. La moitié est située dans 5 pays seulement (Brésil, Canada, Chine, États-Unis et Russie).
16 milliards
Ce sont les tonnes de CO₂ absorbées par an par les forêts. Autrement dit, celles-ci stockent plus de la moitié du carbone des terres émergées et jouent à ce titre un rôle déterminant dans la régulation du niveau du CO₂ atmosphérique, et donc dans la lutte contre le dérèglement climatique.
De la même manière, les forêts participent à la régulation des cycles de l’eau. Elles absorbent et filtrent l’eau de pluie avant qu’elle ne s‘évapore à nouveau. Elles limitent ainsi l’érosion des sols, les crues et les glissements de terrain.
1,6 milliard
De personnes dépendent des forêts. Elles constituent en effet une ressource pour de nombreuses applications (construction, cellulose pour le papier, bois d’œuvre et de chauffe, etc.). Dans les zones tropicales, elles fournissent des plantes médicinales et des denrées comestibles aux populations. Ainsi, les forêts jouent également un rôle socio-économique fort !
Et nous ne sommes pas les seuls à en dépendre ! 80% des espèces animales et végétales que compte la planète vivent dans les forêts, faisant aussi de ces espaces des réservoirs de biodiversité.
⚠️ Mais aujourd’hui, les forêts sont sous pression !
178 millions
C’est le nombre d’hectares de forêt perdus depuis 1990, à l’échelle mondiale. Cela représente 3 fois la surface de la France !
Heureusement, le taux de perte forestière nette (soit toutes les pertes par rapport aux gains de forêts) tend à ralentir, grâce au recul de la déforestation dans certains pays, ainsi qu’au reboisement et à l’expansion naturelle des forêts dans d’autres.
Les zones qui enregistrent le plus de pertes, sur la période 2010-2020, sont :
- L’Afrique : 3,9 M d’ha perdus/an
- L’Amérique du Sud : 2,6 M d’ha perdus/an
👀 Alors, comment trouver un équilibre entre économie et écologie ?
Entre nos besoins en produits forestiers et la sauvegarde des forêts ?
Pour atteindre nos objectifs, il faut s’appuyer sur les bonnes informations pour pouvoir prendre les bonnes décisions et adopter des mesures de gestion adaptées !
Et justement ! Capables de fournir des images radar, optiques, de haute ou de très haute résolution et dans les dimensions spatiales et temporelles, les satellites permettent d’observer la Terre comme aucun humain n’a pu le faire auparavant. Ils rendent disponibles des données harmonisées et exploitables par tous.
Dans une volonté de mettre la science au service de tous, la plupart des données récoltées par les satellites du CNES ou de l’ESA (l’agence spatiale européenne) sont en accès libre sur des plateformes dédiées.
Exploitables par les scientifiques, les pouvoirs publics, les entreprises et les citoyens, elles alimentent de nombreux programmes et services utiles à la préservation de l’environnement.
Ce que nous apprennent les observations satellite sur les forêts ?
💡Observer et comprendre l’organisation des forêts
Selon vous, combien d’hectares de forêt font l’objet d’un plan de gestion dans le monde ?
Forêts concernées par un plan de gestion
2 milliards d’hectares
La plupart se situent en Europe.
En Afrique, ce sont moins de 25% des forêts qui sont concernées par un plan de gestion, et moins de 20% en Amérique du Sud.
- Production : 29%
Presque 1/3 des forêts est dédié à la production de bois, de fibres, de bioénergie et/ou de produits forestiers.
- Usages multiples : 18%
C’est-à-dire qu’elles sont gérées pour une combinaison de fonctions : production, protection du sol et de l’eau, conservation de la biodiversité et fourniture de services sociaux.
- Protection de la biodiversité : 10%
C’est-à-dire la protection de tous les êtres vivants qui habitent et composent le milieu forestier.
- Protection de l’eau et des sols : 10%
- Services sociaux : 5%
Activités récréatives, tourisme, formation, recherche et conservation des sites d’importance culturelle ou spirituelle.
- Autre : 5%
Recherche scientifique ou fins militaires.
- Pas d’affectation ou inconnue : 23%
🔎 Comment prendre les bonnes décisions en matière de gestion ?
C’est là que la télédétection satellite intervient !
Au niveau européen, ce sont les satellites Sentinel-1 et 2 qui fournissent des données sur l’état de notre planète en général et des forêts en particulier.
Ce que nous apprennent Sentinel-1 et 2 sur les forêts :
- Quelle surface les forêts occupent-elles ?
- De quelles diverses essences sont-elles composées ?
- Quelle surface couvre le feuillage ?
- Quel est la vigueur et la quantité de la végétation ?
- Quelle est sa teneur en eau ?
Ils font partie d’un programme européen nommé Copernicus, dédié à la protection de l’environnement.
fournit des images radar en tout temps même la nuit ou lorsque le ciel est couvert. Avec plusieurs cordes à son arc, il permet non seulement de cartographier les forêts, mais aussi d’évaluer les ressources en eau, d’observer les sols, de détecter les glissements de terrains, de suivre les banquises et l’environnement arctique, de traiter les situations d’urgence (catastrophes naturelles, incendies…).
fournissent des images optiques. Ils couvrent tout le territoire au moins une fois tous les 5 jours, mais ne peuvent percer les nuages. La résolution de 10 à 60 m apporte une information riche sur l’état de la végétation et son évolution au fil des saisons et des aléas climatiques.
En France, c’est l’Office national des forêts (ONF) qui est en charge de la gestion des 17 000 forêts publiques françaises. Pour protéger et gérer au mieux ce trésor vert, le CNES et l’ONF collaborent régulièrement pour mettre la science spatiale au service des forêts et ainsi :
- Élaborer et suivre des plans de gestion forestière,
- Évaluer les dégâts en cas de tempêtes ou d’atteintes phytosanitaires,
- Analyser les risques d’incendies.
💧 Comprendre le cycle de l’eau des forêts
Puisant l’eau dans le sol par leur système racinaire, elles l’acheminent jusqu’aux feuilles d’où elle s’échappe sous forme de vapeur dans l’atmosphère. Les échanges entre le sol et les racines sont donc primordiaux non seulement pour la santé des forêts mais pour le cycle de l’eau planétaire. Et là encore, les satellites nous permettent d’y voir plus clair en la matière, notamment le satellite SMOS.
💨 Évaluer les stocks et flux de carbone des forêts
16 milliards de tonnes de CO2 sont photosynthétisées par les arbres des forêts. Elles absorbent le carbone, un des gaz qui contribuent au changement climatique ; dans leurs feuilles, leurs branches, leurs troncs, leurs racines et le sol via la photosynthèse.
Les forêts sont ainsi le deuxième puits de carbone de la planète, après les océans !
Il ne faut pas oublier que les forêts constituent ainsi un énorme stock de carbone susceptible de se libérer dans l’atmosphère lorsque l’on abîme ou qu’on coupe des arbres. 8,1 milliards de tonnes de CO2 sont relâchées à cause de la déforestation et d’autres perturbations.
Le saviez-vous ?
Le meilleur moyen de comprendre le rôle des forêts dans la régulation du carbone est de mesurer et de suivre la biomasse des forêts par satellite.
La biomasse, c’est quoi ?
= la quantité d’organismes vivants dans un lieu donné. Il peut s’agir de plantes, d’animaux, de champignons ou de bactéries. C’est dans cette biomasse que se niche le carbone. Le suivi de la biomasse des forêts contribue donc à quantifie le carbone qu’elles contiennent.
- La biomasse est constituée à 50% de carbone.
- Les forêts représentent 70 à 90% de la biomasse aérienne des surfaces continentales. La majorité est située dans les tropiques.
Bien que ce ne soit pas sa fonction première, le satellite SMOS (encore lui) possède à l’heure actuelle le seul capteur satellitaire permettant de faire un suivi annuel détaillé, en quantifiant précisément la biomasse végétale à l’échelle du monde. Les données de SMOS alimentent maintenant la première plateforme géospatiale permettant de visualiser le rôle des forêts dans la séquestration du carbone : le Biomass Carbon Monitor.
🔥 Mieux observer et anticiper les feux de forêts
350 millions
d’hectares de terres sont brûlés par des incendies de forêt chaque année ! Cela équivaut à 6 fois la superficie de la France.
Le dérèglement climatique conduit à une augmentation globale de la fréquence et de la gravité de ces incendies. En Australie, en Californie, sur le pourtour méditerranéen et même en Sibérie, ces dernières années ont été le témoin d’incendies spectaculaires.
Or, ces menaces seraient vouées à s’aggraver selon la communauté scientifique. Même si l’engagement pris lors de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement à 1,5°C était respecté, les incendies de forêt en Europe méditerranéenne augmenteraient tout de même de 40%.
Le Pôle Theia met des données et des services issus des observations satellitaires, à la portée de la communauté scientifique nationale, internationale et des décideurs.
Il s’appuie notamment sur les données des satellites Sentinel, Spot et Pléiades pour développer des cartographies de l’intensité des feux de forêts et des dommages sur la végétation afin que les services de l’État puissent mieux intervenir mais aussi prévenir les futurs risques d’incendies.
Le centre s’appuiera aussi prochainement sur les données infrarouges thermiques de la mission franco-indienne Trishna, qui en complément de l’optique, renseignera sur le stress hydrique des forêts.
🪚 Comprendre les différents facteurs de déforestation
La forêt tropicale, comptant pour la moitié des forêts du monde, est gravement menacée : en 2019, l’équivalent d’un stade de football y a été détruit toutes les 2 secondes.
Libération du carbone, perte de biodiversité, disparition de services écosystémiques… Les effets néfastes de la déforestation sont multiples et extrêmement graves.
Pour lutter contre ce phénomène, il faut non seulement surveiller les activités de déforestation à l’échelle mondiale mais aussi comprendre les différents facteurs locaux de déforestation. Là encore, les satellites se révèlent être d’une efficacité redoutable !
Certains produits du quotidien (meubles en bois, papier, viande, cacao, etc.) contribuent à la déforestation et à la dégradation des forêts. Et pour s’en rendre compte, on peut directement mesurer son « empreinte forêt » !
Il s’agit de la surface prise sur la forêt qui est nécessaire à la production des matières premières que nous consommons directement ou indirectement.
Pour identifier ses petites habitudes qui ont le plus d’impact, et mesurer son empreinte, on peut répondre au quiz proposé par l’association Envol Vert.
On participe au reboisement de la planète
Si l’on se sent l’âme d’un(e) scientifique, d’un(e) entrepreneur(neuse), ou que l’on a simplement une bonne idée de projet pour protéger les forêts, il faut savoir que le CNES rend disponible à tous de nombreuses données géospatiales. L’agence spatiale française soutient aussi de multiples projets amont avec son appel annuel à proposition de recherches scientifiques et aval avec son programme Connect by CNES.