+70%
Il faudrait que la production agricole mondiale ait augmenté de 70% en 2025 pour faire face à la croissance de la population (+46% d’ici 25 ans !) et suivre la demande mondiale de calories. L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture estime également que la consommation de calories animales doublerait sur cette même durée !
Pour répondre à cette demande exponentielle, deux possibilités :
- Augmenter les surfaces cultivées,
- Augmenter les rendements agricoles par unité de surface.
Mais… Comment y parvenir ? Et ce, sans fatiguer les sols ou empiéter sur les forêts, en réduisant l’utilisation d’engrais et de pesticides, en économisant l’eau utilisée pour l’irrigation et en préservant la biodiversité dans un contexte global de changement climatique ?
📌 Les satellites peuvent contribuer à l’agriculture du futur !
Bonne nouvelle
En décembre 2024, le CNES (Centre national d’études spatiales), agence spatiale française et l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) ont renouvelé leur partenariat afin de renforcer leur coopération pour adapter l’agriculture au changement climatique.
⛅️ Quels temps va-t-il faire demain ?
Aujourd’hui, grâce aux observations satellitaires, les phénomènes météorologiques sont plus facilement identifiables et prévisibles. Les bulletins de Météo-France fournissent les indications les plus fiables possibles sur le temps à venir !
Ainsi, on peut mieux anticiper et gérer :
Selon vous, quelle part des données utilisées par Météo-France pour établir ses prévisions provient de satellites et technologies spatiales ?
90%
Les 10% restants sont fournis par des stations au sol, des radiosondages, des capteurs embarqués sur des avions de ligne et des navires de commerce, ou sont installés sur des bouées ancrées et dérivantes.
🌱 Comment mes sols et mes plantes se portent-ils ?
Bien sûr, rien ne vaut le regard des agriculteur(trice)s sur leurs cultures, mais avec les satellites on obtient à la fois une vue d’ensemble et des données précises à la parcelle près. Notamment grâce aux satellites Sentinel-1 et Sentinel-2.
Ces derniers cartographient à 10 mètres près les 13,2 milliards d’hectares de terres émergées de notre planète.
Ils relèvent tout ce qui occupe les sols : pâturages, forêts, structures urbaines, cours d’eau, etc. Ces données alimentent des outils d’aide à la décision très utiles aux exploitant(e)s pour améliorer leur productivité et préserver l’environnement.
De là-haut les satellites observent :
Les satellites Sentinel font partie du programme européen Copernicus de protection de l’environnement. L’étude des surfaces continentales est devenue ces dernières années un enjeu majeur à l’échelle mondiale pour la gestion et le suivi des territoires, notamment en matière d’usages des terres agricoles et d’étalement urbain. De manière opérationnelle, les satellites du programme Copernicus scrutent chaque parcelle de terre tous les 5 jours depuis 2015.
Le CNES fournit ensuite ces données publiquement et gratuitement sur la plateforme GEODES pour les acteurs institutionnels et scientifiques. Les acteurs du secteur agricole peuvent quant à eux retrouver des données encore plus avancées, comme les cartes d’occupation de sols, sur Theia-land. Le ministère de la l’Agriculture et de l’Alimentation, les régions et les départements, les entreprises, les start-up et les coopératives peuvent ensuite utiliser ces ressources pour développer des outils actionnables sur le terrain.
💧 Où, quand et dans quelles proportions dois-je arroser ?
70%
C’est la consommation mondiale d’eau en moyenne dédiée à l’agriculture. Ce qui en fait, sans conteste, le secteur d’activité le plus consommateur d’eau, d’après la FAO.
Dans les pays arides et semi-arides, c’est 85% à 90% de l’eau douce qui est consacrée à l’irrigation des cultures !
Or, on estime qu’avec les techniques standards, 30 à 60% de l’eau d’arrosage s’évapore et ne profite même pas aux plantes. Autant dire que sous l’effet du dérèglement climatique, chaque goutte d’eau doit être employée à bon escient dans les champs.
Pour y parvenir, les données satellitairess’avèrent bien utiles !
Un nouveau satellite, issu de la coopération entre les agences spatiales française et indienne, survolera la Terre. Il s’agit de Trishna.
Sa mission : renforcer l’étude des besoins en eau des cultures et calculer les bilans hydriques. Avec une couverture mondiale tous les 3 jours et 60 m de résolution, il permettra de mieux gérer l’irrigation et de donner l’alerte plus tôt en cas de sécheresse à partir d’un calcul de l’évapotranspiration réelle.
Lorsqu’une plante manque d’eau, sa température augmente instantanément, mais on ne le voit pas tout de suite car les feuilles ne jaunissent que petit à petit. En mesurant la température de surface, Trishna permettra de déceler le stress hydrique deux semaines avant que le jaunissement ne survienne.
🌿 Comment mieux nourrir mes sols ?
En 2019, un rapport réalisé par la Banque Mondiale pointe l’utilisation massive de ces engrais comme la 1e source de pollution des eaux dans le monde. Et cela concerne aussi bien les pays riches que les pays pauvres, l’azote s’infiltre dans le sol et rejoint les rivières, se transformant en nitrate.
Le défi est immense : comment développer une production la plus efficace possible tout en réduisant les intrants, nocifs pour l’environnement, la santé humaine, animale et végétale et en préservant le porte-monnaie des agriculteur(trice)s ?
Grâce aux images de la Terre captées par les satellites, on peut observer la croissance des plantes à la parcelle près et le taux d’humidité des sols. Ces deux informations clefs contribuent à déterminer les besoins exacts des plants à un instant T. Plus besoin d’épandre abondamment et uniformément, les exploitants peuvent maintenant moduler les apports pour utiliser le minimum d’engrais possible.
Si elle ne résout pas tout, l’agriculture de précision dans ce sens est une première étape vers la transition agro-écologique.
Des programmes comme Farmstar aident les agriculteur(trice)s à réduire leur usage d’engrais.
L’outil mentionné croise des données d’observation issues de satellites, de drones, d’avions avec des données météo et des modèles agronomiques. Concrètement, l’exploitant(e) reçoit une carte qui se charge sur la console de son tracteur. Guidé(e) par les satellites GPS et Galileo, l’agriculteur(trice) apporte la juste dose d’engrais aux bons endroits à l’intérieur même de la parcelle.
🤔 Comment se faciliter la tâche ?
Si les données satellitaires apportent une énorme contribution, elles ne représentent qu’une partie de la solution. Le défi est immense et cette question engage aussi bien les exploitant(e)s sur le terrain que les acteurs institutionnels, les scientifiques, et nous-mêmes, consommateurs au bout de la chaîne.
Dans les études prospectives réalisées par l’INRAE ou la FAO, quels que soient les scénarios, des leviers reviennent invariablement pour résoudre l’équation de l’alimentation mondiale à horizon 2050. La bonne nouvelle, c’est que nous avons une prise directe sur eux dès maintenant !
N°1 – On change nos habitudes alimentaires
Près de la moitié de la production mondiale de céréales sert aujourd’hui à nourrir les animaux d’élevage. Une baisse de la consommation mondiale de viande permettrait donc de réorienter ces ressources et de couvrir une part importante des besoins alimentaires futurs.
Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) estime que la quantité de céréales utilisée aujourd’hui pour l’alimentation animale correspond à l’énergie alimentaire nécessaire pour 3,5 millions de personnes.
C’est le cas pour produire 1 calorie de porc ou de poulet. Et ce chiffre grimpe à 11 calories végétales pour produire 1 calorie de bœuf ou de mouton…
Il vaut mieux y réfléchir à deux fois avant de manger un steak !
On se renseigne (en lisant les infographies QQF par exemple) et on essaye de réduire sa consommation de viande en essayant notamment de nouvelles recettes à base de légumes, légumineuses et fruits !
Pour des recettes végétariennes (mais pas exclusivement) qui font envie c’est par ici : recettes alternatives.
N°2 – On réduit le gaspillage alimentaire
C’est le chiffre annuel avancé par la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).
Et si le chiffre est aussi élevé, c’est parce que le gaspillage intervient à chaque étape de la chaîne alimentaire : de la production à la consommation.
Les chiffres sont catastrophiques ! Selon l’Ademe :
- 32% du gaspillage est dû à la culture
- 21% à la transformation des aliments
- 14% à leur transport et stockage
- 33% à l’étape de consommation.
En France, chaque personne jette à la poubelle 29 kg de produits alimentaires chaque année, dont 7 kg n’ont même pas été déballés !
N°3 – On privilégie les produits issus de l’agriculture raisonnée
L’agriculture raisonnée = type d’agriculture prenant en compte la protection de l’environnement, la santé et le bien-être animal… et donc l’humain.
Bien sûr, l’agriculture intensive conventionnelle a permis d’augmenter les rendements jusqu’à ce jour mais les gains à court terme de l’agriculture intensive seront annihilés par les pertes à long terme : intrants qui polluent et grèvent les coûts d’exploitation, gaspillage d’eau, érosion des sols, atteinte à la biodiversité, etc.
Aujourd’hui, l’idée que l’agriculture biologique ne permettrait pas de subvenir au besoin d’une population galopante est réfutée par des chercheurs européens.
- La réduction du gaspillage : + de 30% de toute la nourriture que nous produisons est aujourd’hui jetée.
- On limite la concurrence entre la production de nourriture pour les humains et celle pour le bétail : 1/3 des terres cultivables de la planète sont utilisées pour nourrir les animaux d’élevage de soja, maïs, blé, etc., alors que ces céréales pourraient servir à l’alimentation humaine.
- Elle produit des rendements moins importants qu’en conventionnel,
- Elle requiert 16% à 33% de terres en plus (donc un risque de déforestation).
Au-delà de la souveraineté alimentaire, les bénéfices d’une agriculture raisonnée sont considérables sur le plan environnemental : une réduction de la pollution des sols et de l’eau, due aux pesticides et aux engrais de synthèse & une demande en énergies fossiles plus faible.
N°4 – On favorise l’agriculture locale
N°5 – On soutient les bonnes initiatives
Grâce aux plateformes de financement participatif, on peut, en quelques clics, soutenir des projets agricoles porteurs de sens.
Des plateformes généralistes comme KisskissBankBank consacre d’ailleurs un volet aux projets agricoles !
Plusieurs plateformes sont exclusivement dédiées au financement participatif de projets agricoles et alimentaires :
- Miimosa
- Bluebees
- Agrilend