Quel est le top 5 des risques naturels en France ?
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Quel est le top 5 des risques naturels en France ?

Texte : Camille Cazanave
Illustrations : Anna Waldberg

Derrière ce titre certes léger mais accrocheur (pour retenir votre attention chères lectrices et lecteurs) se cache une réalité moins réjouissante. Petit florilège des catastrophes qui ont frappé le monde rien qu’en 2023 : séismes d’une extrême magnitude à la frontière Turco-Syrienne, incendies ravageurs au Canada, inondations et violents orages en Europe, cyclone Freddy dans l’océan Indien, glissements de terrains en Equateur, en RDC, au Rwanda et en Ouganda, etc. Alors que l’année n’est pas achevée, ces catastrophes ont déjà fait 65 716 victimes, 151 272 blessés, coûté plus de 176 milliards de dollars. D’après l’Organisation Météorologique Mondiale, le nombre de catastrophes climatiques a été multiplié par 5 en seulement 50 ans, et la tendance devrait s’accentuer dans les années à venir sous l’effet du dérèglement climatique. Vous êtes toujours avec nous malgré cette introduction des plus joyeuses ? Alors c’est parti pour un point au plus près de chez nous : à quels risques sommes-nous les plus exposés en France ? Et comment s’y préparer ?

2/3

des 36 000 communes françaises sont exposées à au moins un risque naturel. 

1 Français sur 4

sont aujourd’hui potentiellement exposés aux inondations, principal risque majeur national au titre du nombre de communes concernées et du coût économique des catastrophes.

6 600

C’est le nombre moyen de communes qui font l’objet chaque année d’une reconnaissance d’état de catastrophe naturelle.

L’état de catastrophe naturelle est une garantie mise en place par l’État depuis 1982 afin d’indemniser les victimes d’événements naturels rares (sécheresse, orage violent, inondation, coulée de boue, avalanche, séisme…).

10 milliards

C’est le montant estimé par les assureurs pour les désastres naturels qui se sont produits en France en 2022. Cette année-là a été la pire depuis 1999, avec son lot de grêles, tempêtes, inondations, sécheresses et incendies.

« Harder, faster, stronger », mais pas « better »

« Harder, faster, stronger », mais pas « better »

Reste que le pire est à venir pour la profession qui classe le dérèglement climatique comme l’une des trois principales préoccupations pour les cinq prochaines années avec les cyberattaques et l’environnement économique dégradé.

Les assureurs mettent en avant le fait que les phénomènes climatiques extrêmes vont devenir plus fréquents et s’intensifier. En plus de leur multiplication, les phénomènes climatiques se sont répandus sur tout le territoire en 2022, touchant même des régions habituellement épargnées. L’incendie qui a touché la célèbre forêt de Brocéliande en Bretagne en est un exemple marquant.

Ces événements sont directement liés au réchauffement climatique causé par les activités humaines, dont certaines amplifient encore les effets. Par exemple, dans le cas des inondations, l’imperméabilisation des sols liée à l’urbanisation des sols aggrave la situation.

Commençons par
le début : c’est quoi
un « évènement naturel
très grave » au juste ?

Un « évènement
naturel très
grave » ?

Un événement naturel est considéré comme très grave quand il occasionne entre 10 et 99 morts, ou entre 30 et 300 millions d’euros de dommages matériels.

En moyenne chaque année entre 2001 et 2021, quatre événements naturels très graves se sont produits en France, contre un seulement entre 1950 et 2000.

Évolution des événements naturels très graves survenus entre 1950 et 2022 en France

En nombre d’événements

Note : événements ayant fait plus de 10 morts ou plus de 30 M€ courants de dommages matériels.
Champ : France.
Source : Ministère de la Transition Ecologique et de la Cohésion des Territoires, 2022

1
2004
1
2005
3
2006
1
2007
3
2008
1
2009
3
2010
2
2011
2
2012
7
2013
11
2014
3
2015
5
2016
2
2017
5
2018
5
2019
8
2020
8
2021
Pour autant, avez-vous le sentiment d’être exposé.e à un risque naturel majeur ?
64 %

de la population métropolitaine exposée à un risque d’inondation n’en n’a pas conscience. Le sentiment d’exposition aux risques naturels est plus marqué en outre-mer et, plus généralement, dans les territoires ayant déjà été confrontés à des catastrophes.

C’est parti pour
le top 5 : à quels risques sommes-nous le plus exposés en France ? 

N°5
Les séismes

N°5
Les séismes

N°5
Les séismes

On n’y est pas confrontés tous les quatre matins, mais des séismes se produisent régulièrement en France, tant sur le territoire métropolitain que dans les départements d’outre-mer.

Si les séismes recensés en France métropolitaine sont généralement faibles (ok, celui de Charentes–maritimes en juin 2023 infirme cette règle), le risque est bien plus élevé dans les Antilles avec des conséquences socio-économiques majeures.

Le niveau de risque :

En France, les séismes ne dépassent guère la magnitude 6. Les zones les plus à risque se concentrent près des chaînes montagneuses ou des failles actives. Ainsi, les Alpes et les Pyrénées sont les zones les plus menacées.

Evidemment, cette règle comporte des exceptions : un séisme d’une magnitude de 5.8 a fait trembler l’ouest de la France en juin 2023. Des séismes d’une magnitude de 5,4 ont eu lieu à Teil en Ardèche en 2019, et à Rambervillers (Vosges) en 2003.

Mais c’est surtout dans les Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy) que le risque est le plus fort car ces îles sont situées au niveau de la zone de subduction des plaques nord-américaine et sud-américaine sous la plaque caraïbe.

Les perspectives :

En 1843, un séisme de 8,8 faisait 3 000 morts en Guadeloupe. Ce séisme reconnu comme l’un des plus forts du XIXème siècle, restera dans les mémoires comme le premier « Big One » connu des caraïbes. Depuis, compte tenu du niveau de contact des plaques tectoniques américaines et caraïbéennes, les habitants de la région s’attendent à un séisme majeur dans les prochaines décennies. Seulement, la vulnérabilité générale actuelle du bâti pourrait causer la mort de milliers de personnes.

Ce constat a conduit à la création du « plan séisme Antilles » en 2007 pour permettre une meilleure préparation des territoires au risque sismique (mise aux normes parasismiques du bâti prioritaire, mise en place d’un système d’alerte, sensibilisation de la population, etc.).

À votre avis, combien de séismes enregistre-t-on chaque année en France métropolitaine ?
Plus de 4 000 !

Le réseau sismologique et géodésique français (Résif-Epos) enregistre plus de 4 000 séismes chaque année en France métropolitaine, dont en moyenne une trentaine sont ressentis par la population. D’ailleurs, vous pouvez retrouver tous les séismes en quasi temps réel ici : https://renass.unistra.fr/fr/zones/france/

N°4
Les incendies

N°4
Les incendies

N°4
Les incendies

Le niveau de risque :

L’année 2022 a été marquée par une sécheresse exceptionnelle et un nombre historique d’hectares de forêts brûlés (plus de 60 000 ha), bien supérieur à la moyenne 2007-2021.

Les zones principalement concernées par ce risque étaient historiquement situées dans le sud de la France mais le changement climatique induit un élargissement à l’ensemble du territoire. Près de la moitié des communes couvertes par un plan de prévention du risque d’incendie de forêt (PPRIF), se situent en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (46,5 %). Les autres se situent en Nouvelle-Aquitaine (22,1 %), en Occitanie (18,1 %) et en Corse (10 %).

Les facteurs aggravants :
  • La sécheresse et le changement climatique : l’assèchement de la végétation et les vagues de chaleur croissantes augmentent le risque de feux de forêt. « Hotspot » du changement climatique, le bassin Méditerranéen connaît un réchauffement rapide, intensifiant les canicules et les sécheresses et aggravant ainsi le danger d’incendies.
  • L’accroissement démographique : l’urbanisation des littoraux atlantique et méditerranéen aggrave le risque d’incendies en augmentant les activités à risque près des forêts, comme les barbecues, les feux de chantiers et les mégots jetés. Rappelons que près de 95 % des causes d’incendies sont humaines, et, en France, 80 % des incendies se produisent à moins de 50 mètres des habitations.
Les perspectives :

Les choses ne vont pas aller en s’arrangeant : les simulations montrent une augmentation constante de la fréquence des jours présentant un danger météorologique de feux de forêts.

On s’attend également à un allongement de la saison propice aux incendies qui débuterait plus tôt au printemps pour se terminer plus tardivement en automne.

Sous l’effet du changement climatique, le danger ne concerne déjà plus seulement le sud de la France, mais pourra toucher les territoires situés plus au nord.

290 Mt

de CO2 : soit autant que les émissions annuelles de carbone de la France et de l’Allemagne combinée, ont été rejetées en juin-juillet 2023 par les feux de forêts au Canada d’après le programme spatial européen Copernicus. Le Canada et plus généralement les hautes latitudes se réchauffent plus vite que le reste de la planète : c’est ce que l’on appelle l’amplification arctique, liée à la diminution des glaces de mer. Pour en savoir plus sur Copernicus et ce que les observations satellites révèlent de nos forêts, relisez notre infographie réalisée en partenariat avec le CNES : https://corporate.cnes.fr/qqf-satellites-revelent-nos-forets/

N°3
Les tempêtes, ouragans, cyclones

N°3
Les tempêtes, ouragans,  cyclones

N°3
Les tempêtes, ouragans,  cyclones

Depuis les années 1980, 40 tempêtes majeures ont frappé la France métropolitaine, dont certaines particulièrement violentes comme Lothar, Martin, Xynthia ou Alex, ont marqué la mémoire collective.

Dans les départements, régions et collectivités d’outre-mer français, les tempêtes s’accompagnent de cyclones aux effets dévastateurs sur les populations et les infrastructures.

Le niveau de risque :

Là encore, il faut différencier les tempêtes métropolitaines des cyclones tropicaux. Si ces premières provoquent de gros dégâts sur les infrastructures, les conséquences humaines et économiques sont bien plus lourdes en cas de de cyclone tropical.

  • Entre 1980 et 2021, 360 tempêtes ont touché la métropole. Parmi les nombreux exemples de tempêtes ayant sévi en France, Lothar et Martin (décembre 1999) ont engendré à eux seuls des coûts estimés à 12 milliards d’euros pour l’ensemble du marché de l’assurance.
  • En septembre 2017, l’ ouragan Irma d’une violence exceptionnelle a causé la mort de onze personnes et endommagé 95 % du bâti des deux îles, et coûté 2 milliards d’euros.
Les facteurs aggravants :
  • La topographie : les zones à faible altitude ou situées le long des côtes sont plus susceptibles d’être inondées ou touchées par les tempêtes. Avec sa façade Atlantique, la France fait partie des pays européens les plus touchés avec l’Allemagne.
  • La vulnérabilité des structures : les bâtiments mal construits ou en mauvais état sont plus susceptibles de subir des dommages.
  • Les infrastructures inadaptées : les systèmes de drainage, les digues et les barrages inadéquats peuvent aggraver les inondations et les dégâts provoqués par les tempêtes.
Les perspectives :

Sur les 40 tempêtes les plus sévères observées en France depuis 1980, aucune tendance ne peut être établie sur l’évolution de leur intensité. Le 6e rapport d’évaluation du GIEC publié en 2022 confirme les grandes incertitudes quant à l’impact du changement climatique sur l’évolution passée et future des tempêtes de vent en Europe.

Du côté des cyclones tropicaux, une réponse globale n’existe pas à ce jour. Si le réchauffement des surfaces océaniques pourrait être un élément favorable à leur développement, nul ne sait réellement comment les autres acteurs de la formation de cyclones évolueront. Ce qui inquiète le plus les climatologues n’est pas l’augmentation des cyclones, mais leur degré de violence.

Savez-vous quelle est la différence entre un ouragan, un cyclone et un typhon ?

Les ouragans, les cyclones et les typhons relèvent du même phénomène météorologique, mais les noms diffèrent en fonction de l’origine géographique. On parle de « cyclone », dans l’océan Pacifique sud-ouest et nord et l’océan Indien sud-ouest, d’« ouragan » dans l’océan Atlantique nord et l’océan Pacifique nord-est et sud-ouest (de Hunraken, dieu maya de la tempête, qui a donné huracàn en espagnol et hurricane en anglais), et « typhon » dans l’océan Pacifique nord-ouest (du chinois t’ai fung, « grand vent »).

N°2
Les mouvements
de terrains

N°2
Les mouvements de terrain

N°2
Les mouvements de terrain

Vous ne l’aviez peut-être pas vu venir, mais c’est un fléau en France : l’un des plus gros risques naturels sont les mouvements de terrain, en particulier ceux liés au phénomène de retrait-gonflement d’argiles.

De quoi s’agit-il ? Les sols argileux (48 % du territoire hexagonal) se contractent en période de sécheresse (retrait) et se dilatent lors des pluies (gonflement) provoquant des dommages majeurs, notamment des fissures sur les maisons individuelles.

Le niveau de risque :

Si ce phénomène ne constitue pas de risque majeur pour la population, il génère d’importants dégâts sur la structure des bâtiments : fissures en façade ou de dallage, décollements entre parties jointives, rupture de canalisations, etc. Il représente le second poste d’indemnisation au titre des catastrophes naturelles.

10,4 millions de maisons individuelles sont exposées fortement ou moyennement au retrait-gonflement des argiles. C’est 55 % de l’habitat individuel. Les régions les plus à risque se situent dans un « croissant argileux » allant du Var au Centre-Val de Loire en passant par le bassin de la Garonne ; la Lorraine et une grande partie de l’Ile-de-France sont aussi concernées.

Les facteurs aggravants :
  • Les phénomènes climatiques exceptionnels, soit la succession de périodes fortement arrosées aux périodes de sécheresse sont le principal facteur de déclenchement du phénomène de retrait-gonflement des sols argileux.
  • Les maisons individuelles récentes sont les plus vulnérables : leur structure est plus légère, les fondations peu profondes par rapport aux immeubles collectifs, et l’étude géotechnique préalable pour identifier les risques n’est pas toujours réalisée. Les logements bâtis après 1976 représentent 58% des sinistres.
Les perspectives :

Le phénomène de retrait-gonflement d’argile est amplifié par le changement climatique.
Des études récentes prédisent une augmentation inévitable de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur et des sécheresses en France au cours du siècle. Cela pourrait entraîner des périodes de sécheresse extrêmes du sol touchant la majeure partie du territoire métropolitain d’ici la fin du siècle, avec la possibilité d’un été sur trois, voire un sur deux, aussi chaud que l’été de 2003 en France.

À votre avis, combien de communes ont été placées en état de catastrophes naturelles à cause des mouvements de terrain provoqués par l’épisode de sécheresse de l’été 2022 ?
3 472 communes

Soit 10 % des communes du pays ont été reconnues en état de catastrophe naturelle pour les dommages causés par le phénomène de retrait-gonflement d’argiles suite à la sécheresse de l’été dernier. Il est absolument exceptionnel qu’un nombre si important de communes soit, en une fois, reconnu en état de catastrophe naturelle.

N°1 
Les inondations

N°1 
Les inondations

N°1 
Les inondations

Le grand gagnant de ce top 5 est sans conteste le risque d’inondation ! ¼ de la population française est exposé au risque d’inondations par débordement d’un cours d’eau ou submersion marine.
Environ 2/3 des catastrophes naturelles qui frappent la France sont des inondations.

Le niveau de risque :

Le risque d’inondation par débordement d’un cours d’eau suite à un ruissellement trop important est le premier risque naturel par le montant des dommages qu’il entraîne, le nombre de communes concernées (2/3 des communes françaises), l’étendue des zones inondables (27 000 km²) et les populations concernées : 17,1 millions de Français résident dans des zones susceptibles d’être inondées par un débordement de cours d’eau.

Dans les zones côtières, un peu plus de
1 400 communes sont déclarées à risque d’inondation par submersion marine. De l’ordre de 2 % de la population française vit dans l’emprise approchée du risque inondation potentiel par submersion marine.

Les facteurs aggravants :
  • L’essor de l’urbanisation : certaines villes se sont installées dans les trajectoires naturelles d’écoulement des eaux, elles sont donc davantage soumises au risque d’inondation par ruissellement.
  • L’imperméabilisation des sols : les aménagements urbains (routes, parkings, toitures, etc.) favorisent le ruissellement de surface, ce qui conduit à une montée plus rapide des eaux.
  • La suppression d’espaces naturels : la végétation permet de retenir l’eau en favorisant l’infiltration, et sa suppression amplifie les risques d’érosion des sols et d’inondation.
Les perspectives :

Dans une atmosphère plus chaude et chargée en vapeur d’eau, les épisodes de pluie verront leur intensité augmenter, exposant certains territoires à des risques d’inondations plus marquées. Par exemple à Paris, le risque de crue centennale augmentera de +40 % d’ici 30 ans.

Sous l’effet du réchauffement, le niveau de la mer augmentera le risque de submersion marine. Par exemple : d’ici 25 ans, la montée du niveau de la mer et l’érosion du littoral menaceront 40 % de la station balnéaire de Lacanau, soit 1 200 logements, la majorité des activités commerciales de la commune, une centaine de locaux professionnels et diverses infrastructures publiques.

En juin 2016, de fortes pluies provoquent des inondations exceptionnelles en France et font grimper la Seine de manière spectaculaire à Paris. À quelle hauteur d’après-vous ?
6,1 mètres

La Seine atteindra un pic de 6,10 mètres, le plus haut depuis 1982. Dans des villes telles que Paris, Orléans, Blois et Trappes, les cumuls de pluie pour le mois de mai battent des records historiques. Météo France qualifie cet événement de « centennal ». Les inondations de mai et juin 2016 deviennent la deuxième catastrophe naturelle la plus coûteuse après la tempête Xynthia.

1 sur 100

Une crue centennale a une probabilité sur cent de se produire chaque année, et peut arriver plusieurs années de suite…

Bien que ces phénomènes soient parfois imprévisibles et souvent inévitables, on peut entreprendre certaines actions à notre échelle pour limiter les dégâts potentiels.
On s’informe
  • Sur le site Géorisques, mis en place par le Ministère de la Transition Ecologique, on rentre son adresse pour connaître les risques naturels présents auxquels on est exposé.
  • Auprès de la municipalité, on obtient le dossier d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM), qui établit les risques encourus dans la commune et précise les consignes de sécurité et mesures de sauvegarde.
  • Si on achète un bien situé dans une zone à risque, le bailleur ou le vendeur a l’obligation de le préciser au titre de L’information des acquéreurs et des locataires (IAL) mise en place par la loi du 30 juillet 2003.
On reste vigilant

De nombreux sites sont surveillés en permanence afin d’anticiper les phénomènes dangereux. C’est par exemple le cas du volcan du Piton de la Fournaise à La Réunion, l’un des plus actifs au monde.

Une carte de vigilance météo est accessible en permanence sur Internet et actualisée deux fois par jour. Elle a été créée en 2001, suite aux violentes tempêtes Lothar et Martin, afin d’informer les citoyens et les pouvoirs publics de l’arrivée de phénomènes météorologiques ou hydrologiques majeurs (vent violent, pluie, inondation, orages, canicule, grand froid…).

Depuis, d’autres carte de vigilance ont été fondées sur le même principe, notamment pour les crues et les incendies.

On maîtrise l’urbanisation et on réduit les risques

Difficile à mettre en place à l’échelle individuelle mais bon à savoir : l’outil phare de maîtrise de l’urbanisation en zone à risques est le Plan de Prévention des Risques. Il réglemente l’utilisation des sols à l’échelle communale, en fonction des risques auxquels ils sont soumis. Cette réglementation va de l’interdiction de construire à la possibilité de construire sous certaines conditions, en passant par l’imposition d’aménagements sur les constructions existantes.

La maîtrise de l’urbanisation est l’outil le plus efficace pour limiter les dommages liés à un risque car elle vise à limiter au maximum l’urbanisation dans les zones soumises à un aléa.

On réduit
les risques

Pour réduire les risques, les collectivités mettent en place des programmes d’actions. Mais on peut aussi agir à son échelle pour limiter les dégâts :

  • Débroussailler autour de chez soi si l’on est près d’une forêt pour limiter l’avancée d’un incendie.
  • Réaliser des travaux de renforcement parasismique.
  • Poser des cloisons amovibles équipées de joints étanches devant ses portes et fenêtres pour protéger l’intérieur d’une maison en cas d’inondation.
  • Réaliser une étude géotechnique avant de construire si on s’installe dans une zone soumise au retrait-gonflement d’argile.
On se prépare

En attendant l’arrivée des secours, il est important que chacun puisse protéger ses proches et ses affaires.

Pour être prêt en cas d’urgence, on peut télécharger et préparer un « plan familial de mise en sûreté (PFMS) ». Il regroupe tous les conseils de sécurité à avoir en tête et il est à remplir et à personnaliser en fonction des risques naturels auxquels son foyer est exposé.

En prenant ces mesures à l’avance, on a plus de chance de garder sa famille en sécurité jusqu’à ce que le danger passe, et on contribue aussi à soulager les secours qui seront mieux à même de répondre aux urgences, donc de sauver d’autres vies.

On apprend les bons numéros

Qui contacter en cas d’urgence :

  • Le 112 : le numéro d’appel d’urgence européen si l’on est témoin ou victime d’un accident.
  • Le 15 : le Samu pour obtenir l’intervention d’une équipe médicale lors d’une situation de détresse vitale.
  • Le 17 : la police secours pour signaler une infraction qui nécessite l’intervention immédiate de la police.
  • Le 18 : les sapeurs-pompiers pour signaler une situation de péril ou un accident concernant des biens ou des personnes et obtenir une intervention rapide.
  • Le 114 : le numéro d’urgence pour les personnes sourdes et malentendantes, accessible par sms et par fax.
On prépare un kit d’urgence

Posséder un kit d’urgence peut être utile si l’on se situe dans une zone à risque.
Dans ce cas, il faut veiller à le placer dans un endroit accessible de son logement, connu par les membres du foyer, vérifié plusieurs fois par an. Voici une liste non exhaustive du contenu :

  • Sifflet
  • Torche clignotante
  • Gilets fluorescents
  • Bouteilles d’eau
  • Aliments énergétiques et non périssables
  • Trousse premiers secours
  • Photocopie des papiers administratifs
  • Double des clefs de sa voiture et de son logement
  • Radio à piles
  • Bougies et allumettes ou briquet
  • Vêtements chauds
  • Trousse de toilette et papier toilette

On adopte
les bons reflexes

1. En cas
d’inondation :
  • On ferme les portes, fenêtres, soupiraux, aérations
  • On coupe le gaz et l’électricité
  • On monte dans les étages
  • On écoute la radio et on respecte les consignes des autorités

Attention :

  • On ne sort pas de chez soi, on pourrait être englouti par une bouche d’égout, heurté par de gros éléments, etc.
  • On ne va pas chercher ses enfants à l’école, ils y sont protégés par le plan particulier de mise en sûreté (PPMS) de leur établissement
  • On ne se rend pas dans un parking ou un sous-sol
  • On ne prend pas sa voiture : même avec 30 cm d’eau, elle peut être emportée par le courant
  • On ne téléphone pas inutilement pour ne pas saturer les lignes pour les secours
2. En cas de mouvement de terrain :
  • Dès les premiers signes, on évacue les bâtiments et on n’y retourne pas
  • On ne prend pas l’ascenseur
  • On s’éloigne de la zone dangereuse
  • On rejoint le lieu de regroupement
  • On respecte les consignes des autorités
3. En cas
d’incendie :

Si l’incendie approche :

  • On dégage les voies d’accès et d’évacuation
  • On arrose les abords
  • On ferme les vannes de gaz et les produits inflammables

Si l’incendie est à la porte :

  • On rentre rapidement dans le bâtiment le plus proche
  • On ferme les volets, les portes, les fenêtres
  • On calfeutre avec du linge mouillé
4. En cas d’alerte cyclone :
  • On constitue un kit d’urgence (eau, nourriture, médicaments, lampe de poche poste radio à piles, etc.)
  • On regroupe les membres de sa famille dans un lieu sûr, on informe des proches du lieu et on n’en change pas
  • On retire ou arrime tout objet pouvant se transformer en projectile
  • On ferme toutes les issues de son logement et on s’éloigne des fenêtres et baies vitrées
  • On coupe le courant électrique
5. En cas de séisme :

Pendant :

  • En intérieur, on s’abrite sous un meuble solide
  • En extérieur, on s’éloigne des bâtiments, pylônes, arbres, etc.
  • Si on se trouve en voiture, on y reste abrité

Après :

  • On ferme le gaz et l’électricité
  • On évacue les bâtiments et on n’y retourne pas
  • On ne prend pas l’ascenseur
  • On ne touche pas aux fils électriques tombés à terre
  • On écoute la radio
  • On respecte les consignes des autorités
Après la crise,
on répare

Suite aux fortes inondations dans la vallée du Rhône et de la Saône dans les années 1980, la loi de 1982 établit le « régime CatNat » pour indemniser les catastrophes naturelles. Les assureurs doivent dédommager les dommages matériels directs non assurables, sous deux conditions : reconnaissance officielle de l’état de catastrophe naturelle et couverture des biens par un contrat d’assurance dommages (multirisques habitation, automobile).

Financé par une surprime de 12% sur les contrats d’assurance dommages, ce système repose sur la solidarité nationale. Cependant, l’augmentation des événements climatiques extrêmes met en péril sa viabilité : selon un rapport sénatorial de 2019, les sinistres pourraient augmenter de 50% d’ici 2050, conduisant potentiellement à une augmentation de la surprime à 18%. Une réforme est en discussion au Parlement.

“Voilà c’est fini !


Texte : Camille Cazanave
Illustrations : Anna Waldberg et Zahra Ayyadi
Dernière mise à jour : Décembre 2023

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